Vincent van Gogh
L'église d'Auvers-sur-Oise, vue du chevet
Après son séjour dans le sud de la France, à Arles puis à l'h?pital psychiatrique de Saint-Rémy de Provence, Vincent van Gogh s'installe à Auvers-sur-Oise, village des environs de Paris. Son frère Théo, inquiet de sa santé, l'a incité à rencontrer le docteur Gachet, peintre lui-même, qui accepte de s'occuper de lui. Durant les deux mois qui s'écoulent entre son arrivée à Auvers le 21 mai 1890 et sa mort, le 29 juillet, l'artiste réalise environ soixante-dix toiles, soit plus d'une par jour, et de nombreux dessins. Ce tableau est le seul que Vincent van Gogh a consacré à l'église d'Auvers. Cette église, construite au XIIIe siècle dans le premier style gothique, flanquée de deux chapelles romanes, devient, sous le pinceau de l'artiste, un monument flamboyant qui semble prêt à se disloquer sous une pression venue du sol et des deux chemins qui l'enserrent. Si l'on compare ce tableau avec les Cathédrales de Claude Monet, peintes peu de temps après, on mesure ce qui sépare la démarche de van Gogh de celle des impressionnistes. Contrairement à Monet, il ne cherche pas à rendre l'impression des jeux de la lumière sur le monument. Même si l'église reste reconnaissable, la toile propose moins au spectateur une image fidèle de la réalité qu'une forme d'"expression" de celle-ci. Les moyens plastiques utilisés par van Gogh annoncent le travail des fauves et des peintres expressionnistes.
Vincent van Gogh
L'Italienne
Cette femme est sans doute Agostina Segatori (1843-1910), ancien modèle de Corot, Gér?me et Manet avec qui van Gogh semble avoir entretenu une brève relation amoureuse quelques mois avant la réalisation de ce portrait.
Au cours de son séjour à Paris entre mars 1886 et février 1888, il s'initie aux théories scientifiques des couleurs mises au point par les néo-impressionnistes. Egalement grand amateur des estampes japonaises, van Gogh livre ici une synthèse toute personnelle de ces deux styles.
Plusieurs éléments rappellent les estampes japonaises : la bordure asymétrique, la stylisation du personnage dans un portrait sans ombre ni perspective, ou encore le fond monochrome. Mais au raffinement de l'esthétique orientale, van Gogh substitue un traitement énergique, renvoyant une impression de puissance presque primitive.
Les néo-impressionnistes juxtaposent les couleurs complémentaires pour en intensifier la perception. Ici van Gogh fait de même, associant les rouges et les verts, les bleus et les orangés, mais il n'use pas de la touche pointilliste de Signac ou Seurat. Son modèle est représenté par des hachures nerveuses qui s'imbriquent et se coupent. Les couleurs sont violentes, expressives et montrent en van Gogh un précurseur du fauvisme.
Le visage d'Agostina Segatori, où dominent le rouge et le vert, illustre le projet formulé par le peintre un an plus tard en Arles : "être capable d'exprimer les terribles passions de l'humanité au moyen du rouge et du vert". ---
Vincent van Gogh
La nuit étoilée
Dès son arrivée à Arles, le 8 février 1888, la représentation des "effets de nuit" constitue une préoccupation constante pour Van Gogh. En avril 1888, il écrit à son frère Théo : "Il me faut une nuit étoilée avec des cyprès ou, peut-être, au-dessus d'un champ de blé mur". En juin, c'est au peintre Emile Bernard qu'il confie : "Mais quand donc ferai-je le Ciel étoilé, ce tableau qui, toujours, me préoccupe" et, en septembre, dans une lettre à sa s?ur, il évoque le même sujet : "Souvent, il me semble que la nuit est encore plus richement colorée que le jour". En ce même mois de septembre, il réalise enfin son obsédant projet.
Il peint d'abord un coin de ciel nocturne dans La terrasse d'un café sur la place du forum à Arles (Otterlo, Rijksmuseum Kr?ller-Muller). Puis cette vue du Rh?ne où il transcrit magnifiquement les couleurs qu'il per?oit dans l'obscurité. Les bleus dominent : bleu de Prusse, outremer ou de cobalt. Les lumières à gaz de la ville brillent d'un orange intense et se reflètent dans l'eau. Les étoiles scintillent comme des pierres précieuses.
Quelques mois plus tard, alors qu'il vient d'être interné, Van Gogh peint une autre version du même sujet : le Ciel étoilé (New York, MoMA), où s'exprime toute la violence de sa psychologie troublée. Les arbres prennent la forme de flammes alors que le ciel et les étoiles tourbillonnent dans une vision cosmique.
Dans La nuit étoilée, la présence d'un couple d'amoureux au bas de la toile renforce l'atmosphère plus sereine du tableau conservé au musée d'Orsay.
=
Sculptures
Jean-Paul Aubé
Monument à Léon Gambetta
Une souscription internationale est ouverte au lendemain des funérailles de Gambetta pour élever un monument public à la gloire du grand homme. La sculpture cherche à mettre en évidence à la fois le grand Français et le grand Républicain alors que la République est encore dans sa phase d'installation. L'oeuvre exalte d'abord le patriote qui a conduit la lutte contre l'envahisseur prussien dans la guerre de 1870-71. Elle rappelle aussi les plus fameux discours de l'orateur républicain, victorieux de ses adversaires monarchistes dans les luttes politiques des années suivantes.
Son bras tendu semble montrer la frontière, tandis qu'il prononce un discours dont les propos, gravés au-dessus de sa tête, exhortent les citoyens à la défense du territoire. Au-dessus de lui, un ouvrier, fusil en main, s'enflamme aux paroles de l'orateur. Parmi les figures symboliques, on peut observer l'allégorie des Droits de l'homme au sommet du monument, sur les c?tés celle de la Force qui s'appuie sur un faisceau symbolisant l'Union et celle de la Vérité tenant un miroir, tandis que Gambetta est surmonté d'un génie qui l'inspire.
Le monument d'une hauteur de 27 m érigé dans la cour Napoléon du Louvre (à peu près à l'emplacement de l'actuelle pyramide) est inauguré le 14 juillet 1888. Les éléments en bronze sont retirés et fondus en 1941 par le gouvernement de Vichy ; Le reste du monument est enlevé en 1954. Des fragments du groupe central sont installés en 1982, à l'occasion du centenaire de la mort de Léon Gambetta, dans le jardin situé derrière la mairie du 20e arrondissement dont il avait été l'élu.
=
Jean-Baptiste Carpeaux
La Danse
En 1863, Charles Garnier, l'architecte du nouvel Opéra de Paris, commanda quatre groupes sculptés à quatre artistes titulaires du Prix de Rome pour décorer la fa?ade du batiment. Carpeaux devait traiter le thème de la danse. Trois ans durant, il multiplia esquisses et maquettes, avant de concevoir cette farandole tournoyante de femmes encerclant le génie de la danse. La préoccupation essentielle du sculpteur était de rendre la sensation du mouvement, ce à quoi il parvient par une double dynamique, verticale et circulaire. Le génie bondissant domine l'ensemble, entra?nant la ronde des bacchantes, en déséquilibre.
Le public fut choqué par le réalisme des nus féminins, jugés inconvenants : une bouteille d'encre fut même jetée contre le groupe sculpté, dont l'enlèvement fut demandé. Mais la guerre de 1870, puis la mort de Carpeaux, mirent fin à la polémique.
Jean-Baptiste Carpeaux
Ugolin
Carpeaux s'inspire du chant XXXIII de la Divine Comédie de Dante, qui relate la rencontre aux Enfers de l'écrivain, conduit par Virgile, avec Ugolino della Gherardesca. Le comte interrogé, raconte le chatiment qu'il a subi.
Au XIIIe siècle à Pise, après avoir trahi le parti des Gibelins, favorables à l'Empereur dans sa lutte contre le Pape, quant à lui soutenu par les Guelfes, Ugolin est enfermé dans une tour. Son rival, l'archevêque Ubaldini, le condamne à mourir de faim en prison. Selon la légende, Ugolin aurait succombé après avoir mangé ses fils et ses petits fils enfermés avec lui.
Carpeaux réalise ce groupe sculpté de 1857 à 1861 en dépassant les limites fixées à son séjour à la villa Médicis. L'artiste n'a pas respecté les normes académiques imposant une ou deux figures seulement et un sujet tiré de l'Antiquité ou de l'Histoire Sainte. Négligeant les reproches, il a préféré "exprimer les passions les plus violentes et y attacher la tendresse la plus délicate", comme il le précise dans une lettre à un ami. Chaque enfant représente une étape vers la mort. L'expression de douleur et d'angoisse du père : le visage, les mains et les pieds crispés, le modelé nerveux du corps et en particulier du dos, attestent de l'étude attentive par Carpeaux du Laocoon antique, de Michel-Ange et du Radeau de la Méduse de Géricault. ---
=
Jules Cavelier
Cornélie, mère des Gracques
Ce groupe en ronde-bosse à la symétrie rigide met en scène des héros de l'Antiquité: Ca?us et Tiberius Gracchus et Cornélie, leur mère. La construction pyramidale, les attitudes permettent de déceler la psychologie des personnages : le cadet, Ca?us est plein d'énergie; l'ainé, Tibérius, plus réfléchi est muni d'un dipl?me, Cornélie, qui veille sur eux et tr?ne majestueusement, calme et digne, semble prononcer les paroles connues de tous les visiteurs des Salons au XIXe siècle: aux élégantes romaines, fières de leurs parures, elle répondait "Mes bijoux, les voici", en présentant ses deux fils.
Les découvertes archéologiques de statues antiques, souvent privées de leurs couleurs initiales, influencèrent les oeuvres néoclassiques. Le regard absent confère au visage de Cornélie un effet d'impassibilité et de distance.
Le sujet, lié à l'idéal civique et à la culture classique du temps, le souci de reconstitution presque archéologique, notamment des drapés, la composition harmonieuse sont autant d'éléments caractéristiques d'une oeuvre néoclassique conforme au go?t de l'époque.
=
Camille Claudel
L'age m?r
Exécuté au moment de la rupture entre la jeune femme et Rodin, ce groupe évoque l'hésitation du sculpteur entre son ancienne ma?tresse, Rose Beuret, qui devait l'emporter, et Camille qui, pour le retenir, se penche en avant au risque de perdre l'équilibre. Camille Claudel intègre à ce groupe un autoportrait, cette jeune femme agenouillée qui, dans une autre version sculptée, se nomme L'Implorante, marquant ainsi le tragique attaché à sa destinée. Les trois personnages sont traités très différemment. Le corps de la jeune femme, bien que mince, est modelé avec douceur ; les formes en demeurent pleines et lisses. Tout à l'opposé, la vieille femme a des membres noueux et décharnés. Son visage aux orbites creuses est particulièrement effrayant, il évoque les allégories grima?antes de la Mort dans l'art médiéval.
Au-delà de son histoire personnelle, Camille Claudel réalise une ?uvre symbolique qui entra?ne une méditation sur les rapports humains. On peut ainsi interpréter le groupe comme une allégorie du temps qui conduit inexorablement l'homme de la jeunesse à jamais perdue à la vieillesse annonciatrice de mort. Cette interprétation plus distanciée de l'?uvre est rendue possible en partie grace à l'effet produit par un socle surprenant : une sorte de terrasse qui se recourbe en forme de vague. Ce motif rappelle les lignes sinueuses de l'Art Nouveau qui occupe, au musée d'Orsay, les derniers salons à coupole.
=
Honoré Daumier
Fran?ois-Pierre-Guillaume Guizot
Surtout connu pour son talent de lithographe, Daumier fut aussi peintre et sculpteur. Les trente-six petits bustes en terre crue polychrome conservés au musée d'Orsay constituent un ensemble exceptionnel dans la production de l'artiste. Car cette galerie de portraits, fruit de l'observation directe des parlementaires à la Chambre, démontre les qualités du modelage dans l'exercice de la caricature. Un modelé irrégulier, contrasté, aux creux profonds, accentue impitoyablement les défauts et les tics, tout en conservant la ressemblance avec le modèle.
Titulaire de divers portefeuilles ministériels sous le règne de Louis Philippe, avant d'être durant sept ans président du Conseil, Guizot (1797-1874) n'est pas brutalisé par la verve du caricaturiste. Mais son visage aux traits volontairement inexpressifs n'en exprime pas moins un ennui profond.
=
Jules Desbois
La misère
La Misère, oeuvre exceptionnelle, fait figure de symbole de la fin du XIXe siècle où certains contemporains se sont plu à ne voir que dégénérescence et décadence. Traitée de fa?on naturaliste, cette représentation saisissante de vieille femme décharnée et vêtue de haillons reprend l'iconographie traditionnelle de la misère.
La datation de cette esquisse n'est pas certaine, peut être dès 1884. Une autre esquisse en terre est conservée au musée Rodin. Le platre fit sensation au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts de 1894 (Par?ay-les-Pins, Maine-et-Loire, musée Jules Desbois). L'état commanda une version en bois de chêne (1896, Nancy, musée des Beaux-Arts).
Cette esquisse doit être appréciée dans sa relation étroite avec deux autres oeuvres du musée d'Orsay : L'Hiver d'Auguste Rodin et Clotho de Camille Claudel. Elles sont exposées ensemble, car les trois artistes utilisèrent le même modèle, une vieille Italienne, Marie Caira. Mais on ne sait qui, de Rodin ou de Desbois, la fit poser le premier. La parenté de style est criante entre les trois ?uvres, qui datent du moment où Desbois et Claudel travaillaient tous deux pour Rodin.
Ce motif du vieux modèle féminin, à la beauté déchue, devient une véritable "vanité" à portée universelle. Desbois perpétue ici la tradition des transis et des gisants du Moyen Age et de la Renaissance. La critique du temps y vit un chef-d'oeuvre et consacra l'artiste comme une valeur s?re de la sculpture française.
=
Paul Gauguin
Bois de la Maison du Jouir
Gauguin vécut les derniers mois de sa vie à Atuona, aux ?les Marquises. Il orna la porte de la grande case sur pilotis en bois, palmes et bambous, qui fut sa dernière demeure, d'un ensemble de panneaux sculptés à la taille directe, dans du bois de séquoia.
Les trois panneaux horizontaux portent des inscriptions révélatrices de la quête d'un age d'or primitif qui habita l'artiste jusqu'à la fin de sa vie: la case s'intitule, non sans provocation, "Maison du Jouir", alors que les deux panneaux du soubassement semblent préciser les conditions de cet eden : "Soyez mystérieuses" et "Soyez amoureuses et vous serez heureuses". Les nus et les bustes féminins qui illustrent ces devises, formes massives et sereines, sont sculptés en entailles rugueuses et incisives, mêlées à des animaux et des végétaux. La na?veté voluptueuse de ce décor marque la naissance d'une esthétique primitiviste qui conna?tra au XXe siècle de brillants développements avec Matisse, Derain, Lhote et Picasso.
=
Auguste Rodin
Balzac
Près d'un demi-siècle après la mort de Balzac, la Société des gens de lettres décida d'élever un monument à sa mémoire, et, sur les conseils de Zola, la commande fut finalement attribuée à Rodin. Durant six années, l'artiste poursuivit des recherches qui tendaient à rendre compte du génie balzacien. Après avoir con?u le projet d'un nu, "il trempa sa robe de chambre dans une grande bassine de platre et habilla ainsi son étude", selon le témoignage du sculpteur Pompon. De fait, avec ces lignes du vêtement qui conduisent à une tête immense, l'oeuvre est un symbole presque abstrait de la puissance du romancier.
En rupture avec la tradition du monument public, la statue causa un tel scandale que la commande fut retirée à Rodin. Ce n'est qu'en 1939 qu'un tirage en bronze fut érigé à Paris, boulevard Raspail.
=
Fran?ois Rude
Napoléon s'éveillant à l'immortalité
Le capitaine Noisot, vieux soldat fidèle à son Empereur, retiré en Bourgogne, décide d'utiliser un héritage pour édifier un monument en bronze à la gloire de son héros. Fran?ois Rude, déjà célèbre (Le Départ des Volontaires de l'arc de triomphe de l' étoile), patriote et libéral - donc quelque peu bonapartiste d'esprit compte tenu de l'époque -, lui aussi bourguignon, accepte cette commande en ne se faisant rembourser que le montant de ses frais. Erigée à Fixin, dans la propriété du capitaine, cette sculpture participe de la légende impériale telle qu'elle se développe sous la monarchie de Juillet. Les cendres de l'Empereur ont été ramenées de Sainte-Hélène en 1840.
La sculpture est romantique par la forte présence des éléments mortuaires, notamment de l'ample linceul rappelant les gisants de l'art bourguignon du XVe siècle. L'aigle mort évoque Waterloo et le destin funeste de la politique extérieure de Napoléon. La monarchie de Juillet, adepte d'une diplomatie prudente, aime à tempérer son éloge du législateur et du réconciliateur de la France post-révolutionnaire par ce discret rappel des périls de l'aventure impériale. Si Napoléon peut s'éveiller à l'immortalité, l'Empire est bien mort. Le héros ici célébré est plus proche de "Bonaparte", général ou Premier Consul, que de l'Empereur autocrate : en témoignent ses traits rajeunis et l'évocation des seules campagnes d'Italie sur la couronne de lauriers (Rivoli, Lodi, Campo Formio, Arcole).
=
Architecture et arts décoratifs
Maison Froment-Meurice
Toilette de la duchesse de Parme
Commandée en 1845, par souscription des dames légitimistes de France à l'occasion du mariage de Louise-Thérèse de Bourbon, petite fille du roi Charles X, et du futur duc Charles III de Parme, la Toilette fut achevée en 1851 et présentée la même année à l'Exposition universelle de Londres.
L'iconographie de cet ensemble, table et garniture de toilette, devait évoquer les valeurs de la France traditionnelle ainsi qu'exalter les liens du mariage. Les lis et les roses de France se mêlent au lierre, symbole de la fidélité conjugale. Les portraits de vingt Françaises illustres par leur piété, leur courage et leur talent littéraire, telles Blanche de Castille, Jeanne d'Arc ou Clémence Isaure, décorent les coffrets à bijoux dont la forme rappelle les chasses mosanes du XIIe siècle. L'aiguière et le bassin mêlent des sources islamiques et renaissance, tandis que les candélabres s'inspirent de modèles du XVIIe siècle en bronze. L'ensemble manifeste un éclectisme annonciateur du Second Empire (d'après Pascale Ballestros-Gorguet, Petit journal de l'exposition Un age d'or des arts décoratifs, Paris, 1991).
=
Emile Gallé
La Main aux algues et aux coquillages
Sans doute l'ultime verrerie du ma?tre de Nancy, cette main droite dressée représente l'aboutissement de ses recherches techniques. Modelée à chaud, elle se pare d'applications polychromes dont certaines en haut relief, et fut présentée en 1904 à Nancy dans une vitrine intitulée Les Fonds de mer.
Le monde marin fournit à Gallé nombre de ses motifs décoratifs illustrant sa fonction symbolique célébrée par Baudelaire :
"Homme libre, toujours tu chériras la mer
La mer est ton miroir, tu contemples ton ame (...)"
La forme de la main évoque à la fois le culte bouddhique, les ex-votos antique et les reliquaires médiévaux. Elle semble confirmer une tradition orale familiale en faisant une protestation contre un épisode de la guerre russo-japonaise (1904-1905), celui des navires russes coulés en rade de Port-Arthur. ---
=
Antoni Gaudí
Support de jardinière
Excellent physicien, passionné par les combinaisons de matériaux, qu'ils soient le produit de l'industrie moderne ou ceux du savoir faire traditionnel, grand connaisseur des structures gothiques et baroques, admirateur critique des théories rationalistes d'Eugène Viollet-le-Duc et hanté par un vaste rêve naturaliste, Antoni Gaudí parvient à faire fusionner dans son oeuvre structure, construction et décor en une masse plastique vivante dont il n'existe peut-être pas d'équivalent dans l'histoire de l'architecture occidentale.
C'est en 1886 que don Eusebi Güell, propriétaire de prospères industries textiles, soumet à l'approbation de l'Ayuntamiento de Barcelone les projets d'une demeure qu'il a demandé à Gaudí de lui construire dans le quartier historique des Ramblas. Pour son commanditaire, l'architecte imagine un palais urbain présentant de nombreuses innovations du point de vue de la structure, des volumes, de la distribution de l'espace et offrant un saisissant contraste entre la sévérité de l'extérieur et la somptuosité de l'aménagement intérieur, auquel participa l'architecte Camillo Oliveras Gensana.
Ce support de jardinière est exécuté par Juan O?os assisté des frères José et Luis Badia. La partie centrale des montants est formée de deux types de torsades également présents sur d'autres éléments décoratifs du batiment. Ces montants se terminent aux deux extrémités par des volutes se développant librement à la manière des végétaux, comparables à celles des pièces terminales du balcon de la fa?ade arrière et du garde-fou du toit-terrasse. Enfin, le plissage des éléments rattachés à la tablette supérieure introduit dans un autre monde, celui du textile ou du cuir, que l'on retrouve sur des jalousies.
=
Lars Kinsarvik
Fauteuil
Ce modèle de fauteuil imaginé par Lars Kinsarvik, présenté aux c?tés d'un second modèle à l'Exposition universelle de Paris en 1900, constitue un bel exemple de ce qu'on appelait le style "Dragon" ou encore le style "Viking". Dans le désir de promouvoir un style national qui affirmat la différence de leur culture face à la Suède - la dissolution de l'union entre la Norvège et la Suède est officiellement prononcée en 1905 -, les artistes norvégiens, tout au long du dernier tiers du XIXe siècle, multiplièrent les références au passé national de leur pays, tant du point de vue technique que formel.
Lars Kinsarvik s'impose comme l'un des champions du renouveau de la technique du bois peint et sculpté, dont l'historien Lorenz Dietrichson (1834-1917) insistait sur les qualités et la profonde originalité, qu'il s'agisse des têtes d'animaux des navires vikings ou des bas-reliefs ornant les portails des églises du Moyen Age. Mêlant histoire et culture populaire, l'ébéniste, qui re?oit surtout des commandes, en particulier des aménagements entiers de brasseries et d'h?tels, imagine des formes généralement simples et robustes qui constituent un support favorable au développement de la sculpture. Les éléments composant la structure de ce fauteuil – montants et traverses du dossier, accotoirs, entretoise du piétement – sont littéralement transformés en totems et bas-reliefs d'où surgit tout un monde de légende: figures de sorcières et masques alternent avec vrilles et rinceaux dans une polychromie, vraisemblablement plus vive autrefois, à base de tons verts et jaunes ponctués ?a et là de touches jaunes et bleues.
=
Louis-Ernest Lheureux
Monument à la gloire de la Révolution française, vue prise à vol d'oiseau
C'est sur l'emplacement symbolique du Palais des Tuileries incendié lors de la Commune de 1871 que le Conseil municipal de Paris proposa en 1886 d'élever un monument à la mémoire de la Révolution française. Le peu d'empressement du gouvernement fit capoter l'entreprise alors que de nombreux architectes avaient déjà dessiné des projets. Le dessin de Lheureux, exposé au Salon de 1889 pour le centenaire de la Révolution française, fait partie de ces propositions spontanées. Avec ce monument colossal et abondamment décoré, Lheureux est loin des le?ons de Viollet-le-Duc et du rationalisme, qu'il applique dans la plupart de ses autres oeuvres, la bibliothèque de la Faculté de Droit de Paris notamment (détruite). Installée presque au coeur du palais-musée, sa pyramide utopique en annon?ait prémonitoirement une autre.
=
Documentation du service culturel
Les étudiants sont accueillis exclusivement sur rendez-vous en salle de documentation pour préparer une visite ou effectuer des recherches.
Les ouvrages, documents et dossiers sont à consulter sur place. Ils concernent les collections du musée d'Orsay et la période 1848-1914.
Des documents pour les aider à préparer leurs visites sont également disponibles, en particulier
-les fiches de visite également téléchargeables aux formats texte seul et pdf sur le site,
-les fiches d'artiste
-les fiches d'oeuvre
La documentation ne dispose d'aucune reproduction d'oeuvres à vendre ou à donner. Les cartes postales, affiches, diapositives... sont commercialisées à la librairie.
=
Cézanne et Pissarro
1865-1885
A la fin de sa vie, Camille Pissarro (1830-1903) écrit : "Cézanne [...] a subi mon influence à Pontoise et moi la sienne. [...] Parbleu, nous étions toujours ensemble ! mais ce qu'il y a de certain, chacun gardait la seule chose qui compte, "sa sensation"... ce serait facile à démontrer..." (lettre à son fils Lucien, 22 novembre 1895).
Cette exposition constitue comme une illustration de ces propos. Il s'agit d'étudier les relations entre l'art de Paul Cézanne (1839-1906) et celui de Pissarro à partir du début de leurs carrières jusqu'au milieu des années 1880. Vingt ans d'interférences et d'amitié.
Portraits, natures mortes et paysages de Cézanne et de Pissarro sont réunis pour restituer la convergence de la vision des deux peintres autour de 1875. Plus tard, Cézanne réinterprète d'anciennes compositions de Pissarro et reprend certains des points de vue adoptés auparavant par son a?né. La confrontation de leurs oeuvres met en valeur cette "parenté" dans l'approche des motifs, très significative des liens durables ayant uni Cézanne et Pissarro.
Présentation détaillée
Commissaires
Joachim Pissarro, conservateur au Museum of Modern Art, New York
Jean-Patrice Marandel, conservateur en chef au Los Angeles County Museum of Art
Sylvie Patin, conservateur en chef au musée d'Orsay
Exposition organisée par le musée d'Orsay et la Réunion des musées nationaux en collaboration avec le Museum of Modern Art, New York
Exposition également présentée à :
New York, Museum of Modern Art, du 24 juin au 12 septembre 2005
Los Angeles, County Museum, du 20 octobre 2005 au 16 janvier 2006
Cette exposition a re?u le soutien du groupe ABN AMRO et de ses filiales, la Banque de Neuflize et la Banque OBC.
Publications
Cézanne et Pissarro, 1865-1885
Ouvrage collectif, sous la direction de Joachim Pissarro
Co-édition Réunion des musées nationaux, Museum of Modern Art
256 pages, 178 illustrations couleur
39 euros
commande en ligne
Petit Journal de l'exposition
par Sylvie Patin
Edition Réunion des musées nationaux
16 pages, 30 illustrations couleurs
3,5 euros
48/14 La revue du Musée d'Orsay
numéro 21, autome 2005
Visites avec conférencier
visites de l'exposition en individuel
visites en groupe de l'exposition
du 7 mars au 21 mai 2006
Conférences
conférences à l'auditorium du musée d'Orsay
les 18 et 30 mars 2006
Parcours enfants
à partir de 11 ans
=
Saint-Gobain (1665-1937) :
une entreprise devant l'Histoire
Dans le désir de supplanter les productions vénitiennes, Colbert fonde en 1665 la Compagnie des Glaces. Les glaces sont soufflées à Tourlaville et transportées à Paris où elles sont polies. Dès 1672, Colbert interdit l'importation de glaces vénitiennes, ce qui prouve la qualité des productions. A la fin du XVIIe siècle, la technique du coulage du verre sur table de métal permet la création de glaces allant jusqu'à trois mètres de haut.
Après 1848, s'ouvre "l'age d'or" de l'industrie des glaces avec les grands chantiers liés aux nouvelles conditions de vie : gares, bibliothèques, galeries, grands magasins... Les années 1920 voient l'arrivée du vitrage de sécurité, des verres automobiles trempés, de ce fameux Triplex qui sauve la vie de Clemenceau en 1919. A partir de 1919 s'opère le renouveau du verre creux, bouteilles et flaconnages, domaine dans lequel Saint-Gobain est le premier producteur mondial.
La richesse des archives de l'entreprise permet de présenter des objets variés : aquarelles, dessins, miroirs, dalles de verre... depuis Versailles jusqu'à l'extraordinaire "maison de verre" et l'éblouissant pavillon Coulon de 1937.
=
Figures et portraits
Comment reproduire la figure humaine et aborder le portrait ? Tel est le problème auquel ont eu à faire face les premiers photographes. Au début, ils utilisent une technique relativement lente et limitée avec pour modèle de représentation celui de la tradition picturale. Les collections du musée d'Orsay permettent de donner une idée assez juste de l'évolution tant stylistique que thématique du portrait et de la figure dans la photographie internationale de 1840 à 1914. Sont présentés portraits officiels ou intimes, portraits de célérités ou d'anonymes choisis notamment chez les artistes qui ont renouvelé ce genre : Nadar, Cameron, Degas, Steichen, Stieglitz...
Présentation détaillée
Commissaires
Fran?oise Heilbrun, conservateur en chef au musée d'Orsay, et Jo?lle Bolloch, chargée d'études documentaires au musée d'Orsay
=
Correspondances
Musée d'Orsay / Art contemporain
Le principe est simple : inviter un artiste d'aujourd'hui à choisir une oeuvre du musée et à présenter l'une des siennes en regard. Du dialogue ainsi engagé na?t la double possibilité de voir les collections sous un nouveau jour et de faire résonner autrement leur modernité toujours active.
Gustave Courbet, La Truite
Brice Marden, Extremes
Artiste américain, Brice Marden a choisi La Truite de Gustave Courbet (1873), qui fait écho à l'emprisonnement de l'artiste après la Commune. Par l'impression d'angoisse réelle qui se dégage de la toile, Courbet transcende le thème traditionnel de la nature morte. Figure de l'abstraction minimaliste, Marden présente une oeuvre inédite, Extremes, diptyque où l'espace vibre les couches de matière, en un jeu complexe de linéaments colorés.
Edward Steichen, Balzac
Alain Kirili, Un coup de dés jamais n'abolira la sculpture
Fasciné par l'énergie de Rodin, entre éblouissement de la vigueur sensuelle et déploiement des passions humaines, Alain Kirili a choisi les photographies d'Edward Steichen, publiées dans Camera Work en 1911 : les vues du Balzac prises à Meudon par ce chantre du pictorialisme. Trouvant un référent sensible dans le chef-d'oeuvre de Rodin, Kirili présente un ensemble de cinq sculptures de la série des Segou et des Totems.
Commissaire général
Serge Lemoine, Président du musée d'Orsay, avec la participation d'Olivier Gabet, conservateur au musée d'Orsay
=
The Very Rich Hours of the Court of China
Masterpieces from Qing imperial painting
celebrate the fifth anniversary of its reopening after renovation, the Guimet Museum will present to the public for the first time an exceptional collection of painted scrolls, imperial commissions intended to celebrate events marking the reign of three great sovereigns Qing: Kangxi (1662-1723), Yongzheng (1723-1736) and Qianlong (1736-1796).
The reign of these three powerful emperors represents one of the great moments of the history of China. Thus, several events throughout the world have recently been dedicated to them. At the Musée de Versailles the exhibition Kangxi was one of the major events during the Year of China in France. The Royal Academy of Arts in London recently organised, together with the Museum of the Forbidden City in Peking, a major exhibition entitled China: The Three Emperors 1662-1795, which received high public acclaim. Now, thanks to this exhibition, the Guimet Museum will bring a major contribution to this subject by showing for the first time in Paris, a real treasure among its collections, the nine imperial scrolls, some of which measure up to sixteen metres. This exhibition will, therefore, provide its visitors with a unique opportunity to discover works, too precious to be presented to the public apart from during exceptional events and which also bear testimony to imperial politics as is clearly demonstrated by the imperial visits in the provinces, the ceremonies marking the solar calendar, the embassies and the hunts which represent for the Manchus and the Mongols genuine military exercises.
From these scrolls in sumptuous colours, the visitors will be able to experience, in front of these scenes brimming with life which abound in picturesque details of the poetic landscapes forming a real panorama of seventeenth and eighteenth century China, the wonder one feels in front of the miniatures from the mediaeval Very Rich Hours.
They will notice, equally, how much this painting, stemming from a deep Chinese tradition exercised a real power of attraction on the occidental artists invited to collaborate on several imperial commissions, in particular the Jesuit painter Castiglione who became the official painter to Emperor Qianlong. His touch can be recognised in several of the Guimet Museum’s scrolls. The National Museum of the Palace of Taipei kindly lent to this exhibition two works by this artist including the famous painting The Empress Watching over the Sericulture Rites.
Testimonies of Castiglione’s collaboration with the Chinese artists will serve as a point of reference in the comparison between two fascinating traditions through the very fact of the distance that lies between them: the Chinese tradition and the European tradition. The power of attraction of Chinese aesthetics on occidental artists is such that their approval of China will even lead them to take a Chinese name…
From the Museum’s rich collections in the two fields of painting and porcelain, through the technical and stylistic processes of the painting, the public will be able to ponder over the spatial arrangement of the landscape designs, characters and even the historiated scenes as well as the role given to perspective in the occidental manner. More than 100 works from the Ming and Qing dynasties will be presented: monochrome scrolls and album sheets, paintings on fans, engravings, porcelain, albums of imperial seals and work dealing with perspectives.
Musée des Arts asiatiques-Guimet
26 April 2006 - 24 July 2006
=
Exhibitions ?
Italia Nova
An Adventure in Italian Art, 1900-1950
Concentrating on Italian painting and sculpture during the first half of the 20th century, Italia Nova invites visitors to discover or rediscover a whole section of European art from this period which is still little known in France.
The exhibition is well timed, coming after Melancholy. Genius and Madness in the West, which included two works by de Chirico and one by Sironi, and during the celebration of the centenary of the death of Cezanne, who was so important to many artists in the Italian avant-garde movements (de Chirico and Morandi in particular). Some hundred and twenty works highlight the most significant Italian artistic movements: Futurism, Metaphysical Painting, Magical Realism and the Novecento movement, as well as the most conceptual works of the 50s. Alongside famous works by de Chirico, Morandi, Fontana or Burri are paintings and sculptures of artists much less often exhibited in France: Balla, Boccioni, Carrà, Casorati, Campigli, Depero, Martini, Prampolini, Severini, Sironi, Savinio, … and special homage is paid to Morandi. Italy played an eminent role in European art in the first half of the 20th century, through the innovative character of Futurism, but also through its utterly original contribution to the rediscovery of "classical measure" which occurred almost everywhere in Europe after the experiments of the first historical avant-garde movements. The exhibition compares and questions the two extremes of artistic research in Italy at the time: on the one hand, the rejection of tradition by the Futurists; on the other hand, the return to certain classical forms.
The exhibition opens with Balla’s 1904 painting, Elisa on the Door: the young woman invites us to step into the new century. The modern nature of this work with its daring photographic cut-outs already outstrips the Realism and Symbolism which dominated the arts in Italy in the late 19th century. In the same room, a 1909 painting by Boccioni, Workshops at Porta Romana, reveals a new spirit, a few months before the Futurist theories (The Manifesto of Futurist Painters dates from 11th of February 1910) and sums up the aspirations of the new generation of Italian painters. They wanted to break with the pictorial tradition of the late 19th century and to promote modernity, understood primarily as change and innovation.
Galeries nationales du Grand Palais. Fermé le mardi
5 April 2006 - 3 July 2006
=
Exhibitions ?
Rousseau
Jungles in Paris
Despite the legend nourished by Apollinaire and the artist himself, Rousseau’s famous great jungles were all composed in Paris. They were inspired by the exotic scenes the capital had to offer in the late nineteenth century. However, one critic wrote, “He does not paint the virgin forest of a botanical or zoological garden, but the virgin forest with all its terrors and beauties that we dreamed of as children […]. It is the virgin forest as a fantastic adventure.” As the quintessence of his creative imagination, Rousseau’s jungles are at the heart of the exhibition.
To give visitors a better grasp of the artist’s creative process, an extraordinary series of twelve jungles is compared with other works, portraits, cityscapes and allegories. In this game of mirrors, the works seem to echo one another: there where, in the jungles, strange things look familiar, elsewhere, it is the familiar that becomes strange. An art of deviation which makes Rousseau an immediate forerunner of surrealism. Rooted in the problems facing artists at the close of the nineteenth century (academic painting, exoticism), his work was first recognised by artists in the avant-garde movement and remains unclassifiable, anticipating many of the questions raised in the following century.
A total of 50 major paintings from prestigious public and private collections in Europe, America, Japan and Russia are presented in a chronological hanging interrupted by two documentary sections which introduce a mass of new material; the first focuses on Le Douanier Rousseau and Paris in his time, the second on his sources of inspiration.
Once a humble employee in the customs office and now a legendary figure, Henri Rousseau (1844–1910) was a self-taught artist who came to painting late in life. He was a faithful exhibitor in the Salon of the Independent Artists then the Salon d’Automne. Although Paul Gauguin, his exact contemporary, chose exile in Tahiti, Rousseau never left Paris. His walks in the Jardin des Plantes, the Muséum d’Histoire Naturelle and the Jardin d’Acclimatation, along with popular imagery, illustrated travel books, photographs and postcards supplied a repertory of motifs that he orchestrated in mysterious, brightly coloured paintings that reveal great originality and false naivety. Often inspired by reproductions of animals from zoological gardens in the Album des Bêtes sauvages (Galeries Lafayette), these terrifying jungles teeming with luxuriant vegetation were an arena for fights between wild beasts. A Horse Attacked by a Jaguar (Pushkin Museum, Moscow), A Hungry Lion Pouncing on an Antelope (Beyer Foundation, Basle), A Fight Between a Tiger and a Buffalo (Cleveland Museum of Art) contrast with peaceable scenes of monkeys, facetious human substitutes, playing in a rich tangle of trees (The Merry Jesters, Philadelphia Museum of Art). A number of his park scenes or suburban views, painted ten years earlier, are infused with vague feeling of menace, prefiguring the anguish perceptible in these Parisian jungles. Acclaimed by Alfred Jarry and Apollinaire, Picasso, Robert and Sonia Delaunay, and Kandinsky, Henri Rousseau is now seen as one of the leading figures in twentieth century art and should still challenge today’s public.
Galeries nationales du Grand Palais, Paris. Fermé le mardi
15 March 2006 - 19 June 2006
=
Ouvrages généraux sur le musée d'Orsay
Musée d'Orsay: Guide
Après une série d'informations générales, un historique de la gare et une présentation des parti-pris muséographiques, on parcourt une à une les salles du Musée d'Orsay : le " sens de la visite " y est exposé, tel que l'ont con?u les conservateurs, sous la forme d'un texte suivi, illustré de reproductions d'oeuvres des collections.
Par C. Mathieu, conservateur au Musée d'Orsay
Edition Réunion des musées nationaux
Edition mise à jour 1992
En français, anglais, allemand, espagnol, italien, russe et japonais.
264 pages, 300 illustrations couleur, 87 illustrations noir et blanc, plans détaillés et index
14,50 euros
commande en ligne
Voir le musée d'Orsay
Coédition Musée d'Orsay, L'Oeil
L'équipe scientifique du musée d'Orsay, sous la direction de Serge Lemoine, s'est attachée à retracer l'histoire du musée et de ses collections, toutes disciplines confondues.
Le parti pris chronologique, les gros plans sur les artistes phares du musée, la qualité de l'iconographie permettent aux lecteurs de découvrir la richesse des collections et de comprendre les grands enjeux de cette foisonnante période.
Fruit d'une collaboration étroite entre les équipes du musée d'Orsay et du magazine L'Oeil, cet ouvrage offre aux lecteurs une synthèse claire et accessible pour prolonger sa visite au musée d'Orsay, et préparer la suivante.
112 pages, plus de 150 illustrations
Disponible dès maintenant en français, en anglais, en italien, en espagnol
A para?tre en 2005 en allemand, en japonais, en chinois, et en russe
10 euros
Guide de poche
Quatre-vingt oeuvres du musée, choisies dans les divers domaines - peinture, scupture, architecture, mobilier, objets d'art, arts graphiques, photographie - commentées sous la forme d'une brève notice, destinée à être lue devant les oeuvres.
Ouvrage collectif, service culturel
Edition Réunion des musées nationaux
En français, anglais, espagnol (épuisé), italien, russe (épuisé), allemand, japonais (épuisé)
170 pages, illustrations couleur
5,50 euros
Guide du visiteur pressé
En 24 pages, cette brochure fournit les points de repères majeurs dans les grands courants artistiques représentés au musée.
Le parcours proposé, nécessairement sélectif, donne néanmoins une vision cohérente de ses collections.
Par C. Barbillon, service culturel du Musée d'Orsay.
Edition Réunion des musées nationaux
En français, anglais, allemand, espagnol, polonais, italien, russe et japonais.
24 pages, illustrations couleur, plans de repérage
épuisé
La peinture au Musée d'Orsay
Ovrage collectif sous la direction de Serge Lemoine
Coédition Musée d'Orsay, Editions de la Martinière, 2004
767 pages, illustrations couleur
60 Euros
Le Musée d'Orsay. Album
Présentation de l'ensemble des collections du musée d'Orsay. Edition mise à jour en 1995.
Ouvrage collectif sous la direction de Marc Bascou et Anne Distel
Edition Réunion des musées nationaux
En français, anglais et japonais
204 pages, 298 illustrations couleurs, 48 illustrations noir et blanc
(épuisé)
La Peinture au Musée d'Orsay
Ouvrage complet tout en couleurs sur la peinture du musée d'Orsay analysée par le critique d'art Robert Rosenblum
Editions de La Martinière
En français (épuisé) et anglais
685 pages, 827 illustrations couleurs
60 euros
La peinture au Musée d'Orsay
Ouvrage collectif, conservation du Musée d'Orsay,
Coédition Réunion des musées nationaux, Scala
En français, anglais, allemand, espagnol, italien, japonais, chinois
160 pages, illustrations couleur
Nouvelle édition
18,50 euros
La Sculpture au Musée d'Orsay
Du réalisme au primitivisme, la sculpture au musée d'Orsay présentée par le conservateur en chef de ces collections Anne Pingeot
Editions Scala
En français et anglais
128 pages, 170 illustrations couleurs
Nouvelle édition
18,50 euros
Orsay
La photographie
par Fran?oise Heilbrun et Quentin Bajac
Les collections photographiques du musée d'Orsay comprennent aujourd'hui environ 45.000 oeuvres, datant de 1839 à 1918. Bien que la création française y soit privilégiée, la photographie étrangère est magnifiquement représentée par des chefs-d'oeuvre réalisés en Angleterre et aux Etats-Unis. Toute l'histoire de la photographie nous est offerte à travers cet ouvrage complet et richement illustré, qui présente le vaste éventail des collections photographiques du musée d'Orsay.
Edition Scala
En français et en anglais
128 pages, 147 illustrations
18,30 euros
Orsay
Architecture
par Caroline Mathieu
Editions Scala
En français et anglais
80 pages
15 euros
Orsay
Arts décoratifs
par Philippe Thiébaut
Editions Scala
En français et anglais
128 pages
18,50 euros
Orsay
L'esprit du lieu
par Caroline Mathieu
Editions Scala
En français, anglais, espagnol, italien, japonais et russe
5,80 euros
Chefs-d'oeuvre impressionistes et post-impressionistes
Cet album présente, sous forme de reproductions pleine page, accompagnées de commentaires, les peintures les plus importantes et les plus représentatives de vingt-trois artistes autour de Manet, Degas, Monet, Renoir, Gauguin, Toulouse-Lautrec, Cézanne, Seurat ou Matisse.
Ouvrage collectif, conservation du musée d'Orsay
Coédition Réunion des musées nationaux, Thames and Hudson
En français, anglais, allemand, espagnol, italien, japonais
200 pages, illustrations couleur
Nouvelle édition 1995
épuisé
Regards d'écrivains au Musée d'Orsay
Des textes de Théophile Gautier, Charles Baudelaire, Edmond et Jules de Goncourt, Emile Zola, Joris-Karl Huysmans, Octave Mirbeau et Stéphane Mallarmé, consacrés à des oeuvres qui sont désormais conservées au musée d'Orsay. Pour chaque auteur, un court essai de présentation de sa pensée critique précède le commentaire des oeuvres essentielles pour lui, reproduites en couleur.
Ouvrage collectif
242 pages, illustrations couleur et noir et blanc
18,29 euros
Votre visite à Orsay
par Valérie Mettais
Ce nouvel album destiné aux visiteurs du musée présente les départements du musée d'Orsay à travers 150 oeuvres phares reproduites en détail et accompagnées de textes succincts.
Editions Art Lys
En français, anglais, espagnol, italien, chinois et russe
192 pages
15 euros
Musée d'Orsay
100 chefs-d'oeuvre impressionnistes
par Laurence Madeline
Le Musée d'Orsay abrite aujourd'hui une des plus importantes collections de peintures impressionnistes du monde. En suivant le même chemin que le visiteur, cet ouvrage présente une centaine de ses chefs-d'oeuvre et retrace l'histoire de ce prestigieux mouvement qui a révolutionné l'histoire de l'art.
Editions Scala
En français, anglais, italien, espagnol, japonais et allemand
144 pages, 104 illustrations
13,60 euros
Les pages du M'O
Ces 78 fiches constituent une mini-encyclopédie de la période 1848-1914 et donnent les références d'histoire culturelle indispensables à une visite approfondie des collections du musée. Le présentation sous forme de fiches en fait un outil de travail adapté en particulier aux besoins des lycéens, des étudiants et des enseignants.
78 fiches, illustrations noir et blanc
(épuisé)
1. Histoire de la Gare
2. Transformation architecturale et travaux :
de la gare au musée
3. Historique des collections
4. 1848-1914. Repères chronologiques
5. Persistance du néoclassicisme
6. Le Salon
7. L'enseignement des Beaux-Arts et le prix de Rome
8. L'Exposition Universelle de 1855 :
section des Beaux-Arts
9. Baudelaire critique d'art
10. La collection Chauchard
11. Le réalisme de 1848-1870
12. Le romantisme, peinture et sculpture
13. La critique d'art autour du Second Empire
et le réalisme, 1850-1870
14. L'influence de la Renaissance dans la second moitié du XIXe siècle
15. Le Musée Gustave Moreau
16. Paysage, plein air
17. Le Salon des refusés
18. L'Orientalisme
19. La création photographique
20. Les techniques photographiques
21. Création des Sociétés photographiques
à l'échelon national
22. Etienne Moreau-Nélaton (1859-1927)
23. Les Beaux-Arts appliqués à l'industrie, 1851-1889
24. Les grands décors sous le Second Empire
25. Carpeaux, la famille impériale, Compiègne
26. L'Haussmannisation
27. Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc, 1814-1879
28. Les Expositions universelles
29. Géographie de l'impressionnisme
30. Premiers collectionneurs et marchands de l'impressionnisme
31. L'impressionnisme et la critique, 1870-1900
32. Caillebotte
33. Sculptures de peintres
34. Le docteur Gachet (1828-1903)
35.La peinture d'avant-garde et la critique d'art
au tournant du siècle
36. Les expositions impressionnistes, 1874-1886
37. Le décor nabi
38. Le pastel en France au XIXe siècle
39. Gauguin, le primitivisme
40. Chevreuil
41. Le dessin en France au XIXe siècle
(petit glossaire des principales techniques)
42. Un éditeur au XIXe siècle : Hetzel (1814-1886)
43. L'instantané photographique
44. La création photographique au tournant du siècle (1880-1915)
45. Les images de la IIIe République
46. Achats et commandes de l'Etat sous la IIIe République
47. Les grands décors de la IIIe République
48. Les monuments aux morts et à la défense nationale
49. Le naturalisme (1880-1900)
50. Le musée du Luxembourg et de musée du Jeu de Paume
51. Sociétés et Salons en Belgique
52. Le portrait mondain, fin de siècle
53. Nef et batiment
54. La Grande-Bretagne et les Préraphaélites
55. Le symbolisme
56. Les images du travail
57. L'Art Nouveau
58. L'Ecole de Nancy
59. L'Art Nouveau en Belgique
60. L'Art Nouveau à Paris
61. Architectes, sculpteurs et céramistes :
les collaborations de l'Art Nouveau
62. Les Musées Rodin
63. Les clientèles de l'Art Nouveau
64. Glasgow - Vienne
65. Guimard, architecte
66. Chicago
67. Après le fauvisme
68. 1905-1906 : les années fauves
69. Les peintres du XIXe siècle survivant au XXe siècle
70. Le retour au style
71. Le Théatre des Champs-Elysées
72. Marchands et amateurs à la fin du XIXe siècle
73. Multiples images, image multiple
74. L'H?tel du Palais d'Orsay
75. Le livre illustré
76. Phonographe et cinématographe
77. La presse illustrée
78. La naissance du cinématographe
Peintures
Le département des Peintures répond à la dimension encyclopédique du musée avec des oeuvres représentatives de toutes les écoles de peinture européennes, du XIIIe siècle à 1848. L'étude et la mise en valeur des collections sont confiées à douze conservateurs, parmi les plus grands spécialistes.
Cosmè TURA - Ferrare, 1430 - Ferrare, 1495
Saint Antoine de Padoue lisant
Vers 1475
Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard
L'histoire des collections
L'origine du département des Peintures remonte à la volonté de Fran?ois Ier de former dans son chateau de Fontainebleau une galerie de peintures telle qu'on pouvait en admirer dans les palais d'Italie. Il acquiert les chefs-d'oeuvre de grands ma?tres italiens (Michel-Ange, Rapha?l) et invite certains artistes à sa cour (Léonard de Vinci, Rosso ou Primatice). Les collections de la couronne transmises de souverain en souverain sont sans cesse enrichies selon les go?ts et les modes du temps par des acquisitions importantes comme celle de la collection du banquier Jabach par Louis XIV ; si sous le règne de ce dernier la collection conna?t une exceptionnelle expansion dans le domaine italien, c'est sous Louis XVI qu'entreront les premières peintures espagnoles (Murillo) et des séries d'oeuvres fran?aises (Le Sueur). Les écoles du Nord, quant à elles, font progressivement leur entrée au XVIIe et surtout au XVIIIe siècle.
En 1793, cet ensemble constituera le point de départ de la collection du Muséum qui ouvre ses portes au palais du Louvre. Au cours du XIXe siècle, les saisies révolutionnaires et les conquêtes artistiques du général Bonaparte, contribuent à l'enrichissement du département ainsi que des achats à des particuliers (collection du marquis de Campana) ou lors des Salons et des donations (collection du docteur La Caze en 1869).
Une étape est franchie en 1986 avec l'ouverture du musée d'Orsay ; le partage des collections s'établit suivant une barrière chronologique : la révolution de 1848 ; Courbet et les impressionnistes quittent le musée pour rejoindre la gare d'Orsay.
Musée du Louvre / Dequier
Les donateurs
Les donateurs et les mécènes occupent une place particulière dans la vie et l'histoire du musée, avec en tête la société des Amis du Louvre, créée il y a un siècle et qui a acquis pour le musée un nombre conséquent d'oeuvres de toutes époques et de tous pays, se distinguant par leur rareté ou leur intérêt patrimonial exceptionnel.
Quant aux donateurs, plusieurs noms comme La Caze, Moreau-Nelaton, Rothschild ou, plus récemment, Lemme, Kauffmann et Schlageter demeurent intimement liés à l'histoire de la collection et à la redécouverte de certaines périodes ou peintres. La collection La Caze, par exemple, fit entrer au musée une première vague importante d'oeuvres du XVIIIe siècle, et la donation Lemme a dernièrement complété les lacunes de la peinture italienne du XVIIIe siècle. Parmi les dons les plus importants deux sont restés groupés selon la volonté de leurs anciens propriétaires : au second étage de la Cour Carrée, la remarquable collection de portraits réunie par Carlos de Beistegui, donnée en 1942, l'ensemble hollandais de la collection du comte de l'Epine donné par sa fille la princesse Louis de Croy en 1930 et l'ensemble plus hétérogène, composé d'oeuvres anciennes et impressionnistes, légué en 1961 par Victor Lyon.
Le département peut également compter sur de nouveaux mécènes, comme les entreprises ou les grands groupes financiers. Les donations particulières ont souvent permis l'entrée au musée de peintres méconnus ou rares et donnent en partie sa spécificité au département.
Georges BRAQUE - Argenteuil (Val-d'Oise), 1882 - Paris, 1963
Les Oiseaux
Musée du Louvre/A. Dequier
Une histoire de la présentation
Le département des Peintures occupe l'ensemble du premier étage de l'aile Denon pour les peintures italienne et espagnole ainsi que tout le second étage de la Cour carrée et de l'aile Richelieu pour les écoles fran?aises et nordiques, dans une progression chronologique.
Cette situation géographique est le résultat de trois siècles de redéploiement des collections au sein du palais du Louvre. A l'origine, la galerie de peinture était installée dans la Grande Galerie et le Salon carré. Par la suite, les peintures gagnent les salles autour de la Cour carrée, à l'endroit même où ,au XVIIIe siècle, étaient logés certains artistes ; ainsi, certaines peintures du XVIIIe siècle sont exposées à quelques mètres du lieu qui les a vues na?tre. On peut citer, parmi les anciens occupants des lieux, Vouet, Le Brun, Fragonard ou David.
Une série de peintures représentant des vues des salles par des artistes comme Hubert Robert permet de suivre l'évolution des accrochages : opulents et denses, au XVIIIe et XIXe siècles de plus en plus aérés et rationnels au XXe siècle, reflet des progrès de l'histoire de l'art et des nouvelles données concernant les écoles et les peintres.
Les différents décors du musée constituent une histoire illustrée du décor peint en France sur près de trois siècles : des plafonds de Romanelli dans les Appartements d'été d'Anne d'Autriche aux éléments crées spécialement pour le musée au XIXe (salle Duchatel) et XXe siècles (Les Oiseaux de Braque du plafond de la salle Henri II), c'est un ensemble exceptionnel d'oeuvres en situation que découvre l'amateur de peinture.
 

beaux arts, artiste peintre chinois, huiles sur toile de paysages de montagne, peinture à l'huile chinoise de paysage, montagnes et eaux, pivoine/fleur/flore, calligraphes, figure, figuratif, portraits, modele femme fille nues, artistique, impressionniste des paysages, fresque, mural, oeuvres, tableau, art visuel; décoration de maisons, plan de maison, chambre, salle, architecte, décorateur, designers, bureaux, logements, design urbain et d'intérieure et extérieure, ingénierie, arts décoratifs, objet d'art; classique, traditionnel, moderne, contemporain, impressioniste, expressioniste, réaliste, surréaliste, abstract; France, Paris, française, occidentale, orientale, asia, asiatique, europe, Beijing, Pékin, Chine
Lei Liang Peinture à l'Huile Chinoise à Beijing (Pékin), Chine Copyright © 2008 Tous droits réservés, www.LeiLiang.com