HISTOIRE ET POLITIQUE DE CHINE
Le pousse-pousse et son histoire
Dans les années 30 en Chine, une dizaine de milliers d'hommes gagnaient leur vie en tirant un pousse-pousse 人力车 (rénlìchē, de 人rén
= homme, 力lì
=force et 车chē
=véhicule)
A cette époque-là, il fallait courir une bonne dizaine d'heures chaque jour pour arriver à gagner 1 yuan avec lequel on pouvait acheter 5 kg de farine de blé.
Le pousse-pousse, introduit du Japon en Chine à la fin de la dynastie des Qing (1616-1911), était le moyen de transport le plus populaire dans les grandes villes d'Asie pendant la première moitié du 20ème siècle. Aux yeux de certains occidentaux, il symbolisait la pauvreté asiatique, du moins une vie très dure.
Ceux qui utilisaient les pousse-pousse étaient la plupart du temps, des gens aisés et ceux qui les tiraient des esclaves.
Tirer un pousse-pousse en pleine rue était extrêmement difficile. Dans les années 30 et 40, les rues de Beijing étaient couvertes d'une terre caillouteuse que les chevaux soulevaient de leurs sabots en laissant traîner derrière eux des nuages de poussière que respiraient les tireurs de pousse-pousse. Et quand il pleuvait, il leur fallait patauger dans une boue glissante.
Les accidents le long de ces chaussées n'étaient pas rares. 8/10 des tireurs de pousse-pousse commençaient à courir sans avoir mangé et il arrivait qu'ils devaient tirer des gens ayant recours à la violence s'ils n'allaient pas assez vite.
Les intellectuels progressistes de Chine étaient vivement préoccupés par le sort des tireurs de pousse-pousse. Un des livres de l'écrivain chinois Lao She raconte leur vie à travers celle de l'un d'entre eux qui rêvait de posséder son propre pousse-pousse. L'idéal de l'écrivain était alors d'éliminer à tout jamais ce genre de métier. Il fallut attendre la fondation de la Chine nouvelle en 1949 pour que l'idéal de cet écrivain se réalisa.
A l'époque, on n'aurait jamais imaginé voir apparaître des cyclo-pousses puis des auto-pousse pour satisfaire la curiosité de certains touristes prêts à payer parfois deux à trois fois plus cher qu'un taxi.
Un tireur de pousse-pousse a fait cette réflexion: "Mes clients ont non seulement de l'argent, mais aussi du temps. Ils prennent mon cyclo-pousse pour visiter les beaux sites touristiques de Beijing et jouir un peu d'un folklore dépassé ".
Dans certaines rues commerçantes comme celle de Wangfujing, au centre-ville de Beijing, des sculpteurs ont érigé une statue en bronze représentant un tireur de pousse-pousse pour ne pas oublier le passé.

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Les Sept Expéditions Ming de l'Amiral Zheng He
Précédente Zheng HeLes Sept Expéditions Ming de l'Amiral Zheng HeLa Chine ébranle la statue de Christophe Colomb Suivante
Les quatre siècles ( du XIe au XVe ) de puissance maritime chinoise correspondent à l'époque de la grande jonque, témoins d'une continuité de traditions maritimes et de supériorité technique sur le Portugal et l'Espagne- Entre autres innovations :
1- des instruments de navigation comme la boussole et le compas ;
2- l'utilisation de plusieurs mâts dès le IIIe siècle ( l'Europe attendit le XVe pour les adopter ) ;
3- le bateau à aubes mille ans encore avant l'Europe ; et
4- le gouvernail-fenêtre, plus facile à manier, quelque 700 ans avant ( XXe siècle pour l'Europe ).
Mais avant, un peu d'histoire politique…
La Révolution Ming : Hongwu et Yongle
Le paysan Zhu Yuanzhang ( 1328 - 1398 ), à la tête de ses Turbans Rouges, chassa la dynastie mongole des Yuan ( 1279 - 1368 ) et devint le premier empereur Ming sous le nom de Hongwu ( règne : 1368 - 1398 )- Son accession au Mandat Céleste s'accompagna d'une politique volontariste pour rétablir le prestige et la sécurité de l'Empire hors des frontières- Les succès furent nombreux :
1- ralliement à la Chine de la dynastie coréenne des Yi, fondée en 1392 ;
2- expéditions en Asie Centrale ;
3- expéditions en Asie du Sud-Est, nécessitant la construction d'une grande flotte de haute mer, qui dut attendre le XVe siècle le temps de constituer un parc forestier suffisant à sa construction ;
4- dès son avènement, présence à la cour des Ming d'ambassades étrangères :
1369 : Japon, Corée, Champâ et Vietnam,
1370 : divers royaumes malais,
1371 : Siam et Cambodge,
1390 : plusieurs royaumes de la Côte de Coromandel
( corruption de Chola Mandalam ou Pays de Chola en Inde du Sud ).
Le retard de construction navale fut dû à la sévère déforestation en Chine lors des siècles précédents, sous les Song ( 960 - 1278 ) notamment, en raison des gigantesques besoins en bois nécessaires à la métallurgie et aux fours des industries de céramiques et porcelaines- Cela exigeait un effort de reboisement sans précédent, étonnant même avec les moyens techniques contemporains :
1- pas moins de 50 millions d'arbres ( palmiers, arbres à laques ) furent plantés en 1391 dans la région de Nanjing, la capitale Ming avant son transfert en 1421 à Beijing ; trois chantiers navals construits par Zheng He subsistent encore à Nanjing ;
2- en 1392, chaque famille colonisant la province de l'Anhui fut tenue de planter 200 mûriers, 200 jujubiers et autant de plaqueminiers ;
3- en 1394, cette obligation fut étendue à tout l'empire pour les mûriers et jujubiers, ce qui équivaut à environ un milliard d'arbres plantés rien que pendant l'ère Hongwu.
Celle-ci, au prix d'un immense effort collectif dont le Chine est coutumière ( tombeau impérial des Qin, creusement du Grand Canal, la Grande Muraille plusieurs fois reconstruite depuis le IIIe siècle avant notre ère, etc- ), établit la prospérité matérielle de l'Empire ainsi que sa puissance et son prestige à l'étranger.
Le troisième empereur, Yongle ( r- 1401 - 1424 ) : un des plus brillants règnes de la Chine, se retrouva ainsi bien armé pour l'étape suivante de l'expansion diplomatique et militaire au-delà de ses frontières :
1- cinq grandes expéditions victorieuses en 1410 contre les troupes mongoles, les ennemis séculaires de l'Empire ;
2- occupation musclée et concomitante de la Mandchourie et du Vietnam, pourtant distants de 5000 km ;
3- intense activité diplomatique vers la Transoxiane de Timur ( Tamerlan ), le Tibet et l'Inde grâce à l'eunuque Hou Xian ( les eunuques jouant un rôle croissant sous les Ming ) ;
4- et enfin intense activité diplomatique vers le Japon de Yoshimitsu : Yongle fut le seul empereur de toute l'histoire bimillénaire de la Chine auquel le revêche Japon reconnut la suzeraineté ( et encore, juste pour une partie de son règne )…
ZHENG He ( 1371 - 1435 )
C'est donc dans ces circonstances que s'inscrivent les grandes expéditions maritimes du début du XVe siècle- L'histoire insique que ces expéditions ne sont donc pas des événements ponctuels, mais une suite logique à la longue expérience maritime de l'Empire : des ambassades chinoises conduites par des eunuques parvinrent en 1403 à Java, Sumatra, Malacca et enfin Cochin- On pense que les ports de Guangzhou ( Canton ), Fuzhou et Quanzhou commerçaient dès le XIIIe siècle avec ces lointaines régions, un tel renouveau diplomatique s'expliquant mal autrement ; la volonté de donner à connaître la puissance et le rayonnement Ming peut difficilement justifier pareils investissements financier et humain vers des contrées aussi lointaines de surcroît.
Zheng He ( ou Cheng Ho ) naquit en 1371 à Kunming dans la lointaine province du Yunnan, d'un père hâdjdjî ayant fait son pèlerinage à la Mecque- Sa famille se réclamait à la fois parente d'un gouverneur mongol mandaté au Yunnan et descendante du roi Mohammed du royaume de Bukhara- Son nom d'origine était Ma Sanpao ( Ma étant la première syllabe de Mahomet ), mais il reçut celui de Zheng en 1404- Quand le Yunnan, dernier bastion mongol, repassa sous autorité Ming, le jeune Ma Ho fut capturé, castré et envoyé à l'armée- En 1390, au sein des troupes sous le commandement du Duc de Yan ( le futur empereur Yongle ), Ma Ho se distingua comme jeune officier, compétent à la guerre comme à la diplomatie, tout en se forgeant de solides amitiés à la Cour- Nommé à d'importants postes militaires, il mena sept expéditions maritimes sous les règnes Yongle et Xuande ( r- 1425 - 1435 ), suivant la tradition de commerce maritime pour satisfaire le goût chinois pour les épices et les aromates.
Les voyages de Zheng He impliquant échanges de cadeaux et exaltation des vertus et de la supériorité du Fils du Ciel ( l'empereur ), elles furent généralement pacifiques hormis quelques interventions ponctuelles, en singulier contraste avec les expéditions européennes des siècles suivants- Zheng He est enterré à Nanjing.
Résumé des Sept Expéditions maritimes
Chacune de ces expéditions comptait plusieurs dizaines de jonques géantes et plus de 20 000 hommes à bord- Les résultats semblent avoir répondu aux espérances engagées :
1- grand prestige de la Chine 'à l'international' ;
2- commerce par tribut accru avec toutes ces régions ;
3- renforcement des anciens courants de commerce ;
4- émigration chinoise vers le sous-continent asiatique.
- La première expédition ( 1405 - 1407 ) compta 62 vaisseaux et 27 800 officiers et hommes d'équipage- Elle dut intervenir dans une affaire de succession au trône au célèbre royaume javanais de Majapahit, ainsi qu'à Palembang à Sumatra pour régler un conflit entre le pouvoir autochtone et la colonie chinoise locale.
- Dans la deuxième expédition ( 1407 - 1409 ), Zheng He fit dresser des stèles proclamant la vassalité des royaumes de Calicut, Cochin et Ceylan à l'Empire Ming.
- Dans la quatrième expédition ( 1413 - 1415 ), les troupes de Zheng He durent encore intervenir dans des affaires intérieures de Sumatra- De là, une partie de sa flotte gagna directement la côte est de l'Afrique vers la Somalie actuelle, après quelque 6000 km de voyage sans escale- Une mission fut ensuite détachée à la Mecque et en Egypte- A son retour en 1415, elle ramenait des envoyés de plus de trente Etats du sud et du sud-est asiatiques, venus rendre hommage à l'empereur-
- La cinquième expédition ( 1417 - 1420 ) fut la plus longue de toutes et gagna le Golfe Persique, Ormuz et l'Afrique.
- La sixième expédition ( 1421 - 1422 ) ramena chez eux les envoyés étrangers encore stationnés en Chine.
- La septième expédition, sans doute la plus éblouissante, emporta quelques 27 500 marins vers l'Arabie.
Un autre résultat positif des voyages de Zheng au Proche-Orient est qu'elles sont probablement à l'origine des deux ambassades de l'Egypte des Mamelouks à Nanjing- La puissance de sa flotte causa parallèlement la quasi disparition des pirates japonais qui infestaient encore les côtes chinoises au début de la dynastie- Maints indices laissent à penser que les Chinois auraient bien pu contourner le Cap de Bonne Espérance, à une centaine de kilomètres seulement au sud de leur dernier lieu de débarquement consigné en Terre africaine- On a retrouvé des tessons de céramiques chinoises à Grand Zimbabwe , ainsi qu'une tombe au Kenya, très différente de l'architecture locale et dont la forme rappelle celle des tombes chinoises.
Comme toutes les ambassades chinoises couronnées de succès à l'étranger, celles de Zheng He firent l'objet de nombreuses publications géographiques en leur temps, et vinrent enrichir les connaissances chinoises des océans et de l'outre-mer- Les très officielles Histoires dynastiques étaient visées par des Lettrés, des mandarins soucieux de la réputation immaculée de l'Empire au point de passer nombre de faits sous silence- Aussi, si les Histoires dynastiques n'en font pas état, c'est justement parce que ces expéditions furent officielles : en Chine, le pouvoir récrivait l'histoire à sa convenance, notamment à chaque nouveau règne, la nouvelle dynastie écrivant celle de la précédente- Enfin, notons que la fin de l'ère Xuande marqua aussi celle de la politique de prestige de la Chine, et le repli des Ming sur leur territoire sous la houlette des eunuques du Palais, désormais les véritables maîtres de l'Empire.
Les universitaires s'accordent généralement sur le choix judicieux de la nomination de ce musulman en tant que commandant en chef et ambassadeur impérial vers les pays d'Islam Sa reconduite à ces mêmes fonctions, par six fois au moins, donne à penser qu'il fut une personnalité remarquable, particulièrement bien imprégnée des connaissances de son temps- Son passage en Asie du Sud-Est laissa d'ailleurs une empreinte si vivace qu'il y fut divinisé : son culte survit encore de nos jours où il est vénéré sous le nom de Sanbao Miao, corruption de son titre officiel de Sanbao Taijian.
Ce qui frappe le regard occidental est d'abord le gigantisme de grandes jonques, dont il ne subsiste aujourd'hui que des fragments, cinq fois plus longues que les caravelles de Christophe Colomb à la fin du siècle… Deuxième certitude battue en brèche est la précédence des longs voyages par mer qu'on avait longtemps tenue pour un exploit européen- Marco Polo avait décrit la grande taille des vaisseaux chinois, mais ses concitoyens les tinrent toujours pour exagérées, jusqu'à la découverte en 1962 d'un énorme montant de gouvernail dans un vieux chantier naval Ming près de Nanjing, qui permit d'établir leurs dimensions extraordinaires- Des estimations modestes donnent aux plus grands d'entre eux 140 mètres de longueur au bas mot, ce qui en fait déjà et de loin les plus grands vaisseaux à cette époque…
En 1879, on découvrit à Port Darwin, au nord de l'Australie, une statuette chinoise enterrée à plus d'un mètre sous les racines d'un arbre banian âgé d'au moins deux siècles- Cela renforce les autres indices dans les récits aborigènes des Baijini ( Bai Jin
= homme blanc en chinois ), une population qui aurait disposée d'une technologie avancée et d'une peau réputée plus claire que celle des Malais- Enfin, d'autres éléments laissent songeur : les publications chinoises du XVe siècle montreraient une connaissance des vents et courants d'ouest en est.de l'Océan Pacifique qu'on s'explique mal s'ils n'avaient pas eux-mêmes traversé l'Atlantique- Au Mexique, certaines cultures amérindiennes présentent de curieuses similitudes culturelles avec l'Asie orientale :
- statuettes aux visages plus chinois qu'amérindiens ;
- motifs décoratifs sur bâtiments ( grecques, Taotie / Tlaloc ) ;
- plans de ville carrés avec voies centrales comme dans les capitales impériales chinosies ;
- tambours ;
- méthodes de calcul ;
- emploi commun d'amulettes de jade ;
- légendes et cosmologie…
Pour l'instant, la prudence est de rigueur.
Bibliographie :
- Chine : Ciel et Terre - 5000 ans d'Inventions et de Découvertes ( 1988 ), catalogue de l'exposition aux Musées Royaux d'Art et d'Histoire, Bruxelles : 16.IX.88-16.I.89, pp- 70-71 & 80-81.
- Encylopaedia Britannica, entrée à Cheng Ho, t.3 p.166 et t.12 p.877.
- GERNET Jacques ( 1990 ), Le Monde chinois, 3e édition, Armand Colin, pp.347-351.
Les triades chinoises, multinationale du crime

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Tortues en céramique vernissée
Les triades chinoises (mafias chinoises). La première est née au XVIIe s., pour rétablir l'empereur Ming. Les suivantes ont prospéré à l'époque des concessions, accompagné la naissance de la République, échappé à la Révolution maoïste... De nos jours, elles forment le plus grand groupe de malfrats au monde.
Par Roger Faligot
Chaque année, le même casting : au festival de Cannes, parmi les vedettes, déambule sur la Croisette un producteur chinois à double visage. Côté jardin, il produit un nombre incalculable de films de kung-fu à la gloire des sociétés secrètes chinoises, les triades. Côté cour, on le dit Tête de dragon, c'est-à-dire grand maître de la plus importante triade de Hongkong, la Sun Yee On (Vertu nouvelle et Paix). A tel point que les Canadiens l'ont interdit de séjour dans leur pays, en tant que chef du plus grand groupe mafieux au monde...
Pour « Mister Charlie », membre d'une grande famille qui dirige ces affaires occultes, projeter sur grand ou petit écran - grâce aux DVD - l'histoire légendaire des triades et celle de leurs arts martiaux, c'est générer des profits considérables mais aussi des vocations. Pour preuve, en janvier dernier, cette centaine de lycéens, de 12 à 18 ans interpellés à Hongkong, comme enfants de troupe de la Sun Yee On, futurs « 49 » comme on appelle les fantassins de la Triade. Ce fait divers renvoie à une histoire ancienne rappelant qu'aux origines la mafia chinoise ne se livrait pas aux activités criminelles qui ont prospéré au XXe siècle.
Selon la légende, la Triade originelle est une société secrète qui a vu le jour comme mouvement de résistance aux empereurs mandchous. D'origine turco-mongole, ces derniers avaient conquis Pékin, usurpant le trône impérial aux Ming et y établissant leur dynastie Qing en 1644, un an après que Louis XIV ne devienne roi de France.
L'histoire se résume ainsi : dans la province rétive du Fujian, au sud-est de la Chine, l'empereur mandchou a recruté des moines bouddhistes, inventeurs d'un art martial, le kung-fu, pour servir ses intérêts. Mais ceux-ci se soulèvent contre le Fils du Ciel qui, en représailles, fait détruire leur monastère de Shaolin. Dix-huit religieux échappent aux persécutions. De nos jours, on évoque leur épopée, faite d'épisodes fantastiques et héroïques, dans la littérature comme au cinéma. Cinq de ces moines combattants, Tsoi Tak Chung, Fong Tai Hung, Ma Chiu Hing, Wu Tak et Lee Shik Hoi se réfugient dans la ville de Muyang, la Cité des Saules. Puis ces « cinq généraux-tigres » fondent une société secrète dont les rites ont perduré grâce à l'initiation et la cooptation des nouveaux membres. Elle a d'abord pour nom la Hong Mon (Vaste Porte), qui symbolise la matrice, par extension la « famille originelle ». Il s'agit d'un jeu de mots, car « Hong » est aussi le nom de l'empereur Ming que la société secrète s'est promis de rétablir sur le trône. « Hong » est enfin l'homophone du mot qui veut dire « rouge » en chinois, de sorte que l'on appellera parfois cette triade la Bande rouge.
« Fan Qing fu Ming ! » (« Combattre les Mandchous, restaurer les Ming ! »), tel est leur slogan. Aussi le deuxième empereur mandchou, Kangxi, interdit-il ce qu'il considère comme une secte bouddhiste subversive. Rien n'y fait, les sociétés secrètes prolifèrent, telles les sociétés du Lotus blanc, de l'Encens incandescent, de l'Origine du chaos, de l'Origine du dragon. Lorsqu'elles sont interdites, la société du Lotus blanc et la société Hong fusionnent pour former une nouvelle société, c'est la Triade proprement dite.
Ses loges poussent comme champignons après la pluie. Ce sont souvent des marginaux et des nomades qui les animent : moines itinérants, professeurs d'arts martiaux, médecins ambulants, marchands de confiseries, acteurs, magiciens, montreurs de marionnettes ou d'animaux savants, joueurs professionnels, bateleurs et colporteurs en tout genre. Ces « frères » constituent des bandes qui détroussent parfois de riches voyageurs et pillent les maisons de familles aisées. Au fil des siècles se profilent des organisations aux multiples facettes - politiques, ésotériques et philosophiques - qui muent en unions de défense des villages, associations d'entraide et guildes des métiers. Les historiens chinois estiment que c'est à cause de ce rôle social qu'elles ont conservé leur prestige jusqu'à notre époque.
En tout cas, si une organisation comme la Triade a pu subsister, c'est qu'elle est puissamment charpentée, survivant grâce à des traditions et des rites initiatiques qui se transmettent de siècle en siècle. De même, elle est hiérarchisée avec des grades doublés de nombres (la numérologie joue un rôle important dans l'imaginaire chinois). Ainsi, en simplifiant : la Tête de dragon (489) est le chef ; le Maître de l'encens (438) est responsable des rituels ; la Sandale de paille (432) est chargée des liaisons ; le Bâton rouge (426) assure la discipline, tandis que l'Eventail de papier blanc (415) gère les finances de l'organisation.
Tout en se propageant parmi les Chinois d'outre-mer, la Triade a provoqué de grandes révoltes au Zhejiang (1708), à Taiwan (1780), au Hunan (1832) et s'est impliquée lors des soulèvements des Taiping (1850-1864) et des Boxers qui ont assiégé les concessions étrangères lors des « 55 jours de Pékin » (1900).
En 1911, la dynastie mandchoue est renversée. Le révolutionnaire nationaliste Sun Yat-sen établit la Ire République de Chine. Il a bénéficié du soutien des sociétés secrètes, à commencer par celle dans laquelle il est initié, la Chee Kung Tong, l'Association pour parvenir à la justice. Née à Canton vers 1860, cette triade, filiale de la fameuse société Hong, a été formée par des anciens rebelles de la révolte des Taiping. Certains historiens assurent même que le docteur Sun fut Bâton rouge dans cette organisation. A Paris, avant la révolution chinoise, la loge de la Chee Kung Tong a organisé les rencontres entre le docteur Sun et diverses personnalités dont le futur président de la République Paul Doumer. Pour faire entrer la Chine dans l'ère moderne, le docteur Sun s'affranchira de l'ombre tutélaire des sociétés secrètes et mènera son action politique au grand jour. Après sa disparition en 1925, le parti nationaliste qu'il a fondé, le Kuomintang, va pourtant renouer avec des sociétés qui ont opté pour une action clandestine plutôt mafieuse.
Ainsi, dans les années 1920, la ville de Shanghai, le « Paris de l'Orient », devient le pivot de cette alliance entre le Kuomintang et la principale organisation criminelle, issue des triades, la Bande verte. Celle-ci n'est pas aussi hiérarchisée. Plus moderne, elle ressemble aux gangs criminels japonais, les yakuza (lire page 68), qui suivent la tradition confucéenne, et à laquelle on adhère dans une relation maître-élève. La Bande verte se contente d'un accord d'entraide qui permet de coopter des membres importants de la société ayant pignon sur rue. Tel est le cas de Chiang Kai-shek, le dirigeant nationaliste, successeur de Sun Yat-sen, de son chef des services secrets Dai Li ou encore du grand capitaliste de Shanghai, le président de la chambre de commerce chinoise résidant dans la concession française, Yu Qaqing.
Malgré son modernisme, la Bande verte est née de la fusion de deux sociétés différentes de la Triade : la première, c'est la Société des Frères aînés et des anciens, active dans les campagnes chinoises depuis deux siècles et qui, paradoxalement, dans les années 1930, soutiendra la Longue Marche des communistes de Mao Zedong ; la seconde, est une secte bouddhiste, les Amis de la Voie de la tranquillité et de la pureté, particulièrement implantée parmi les bateliers et qui avait construit tout un chapelet de monastères relais le long du Fleuve bleu, le Yangzijiang (à l'époque Yang Tse Kiang). Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les bateliers, membres de ces sociétés, se sont livrés à de nombreux trafics clandestins. Le principal concerne le sel, qui leur vaut le surnom de « peaux vertes » en raison de la teinte verdâtre de leur peau, donnée par les cristaux salins.
Cette bande rayonne dans de nombreuses régions de Chine mais concentre ses activités sur deux villes côtières qui ont la particularité de posséder des concessions étrangères notamment françaises : Tianjin (Tientsin) et surtout Shanghai où la Bande verte établit son QG.
Au début des années 1920, dans la Chine républicaine où règne le chaos, la Bande verte voit des avantages bien plus énormes à se lancer dans la contrebande d'opium, dont le commerce est cependant autorisé. Auparavant, en 1913, une association, la Combine, a été créée pour gérer le commerce de l'opium. Elle regroupe des étrangers, surtout des Britanniques, des marchands d'opium de la communauté Teochew (originaire de la rivière des Perles, dans le Cantonais), des gangsters de l'Union corse et des commerçants de Shanghai. Comme pour le tabac et les cigarettes de nos jours, il existe alors un marché parallèle. Un cartel connu sous le nom de Bande des Huit, dominé par la Bande verte, effectue le trafic de drogue.
L'interdiction de l'opium, en 1919, va amplifier la contrebande. Et, naturellement, les gangs sont les mieux placés pour l'organiser. Ainsi, selon les archives de la police française, Du Yuesheng, le patron de la Bande verte, contrôle à l'époque la moitié des fumeries de la concession française par l'intermédiaire de sa Compagnie de la pipe d'opium.
Mister Du, surnommé l'Al Capone de Shanghai, ne se contente pas de se livrer à des activités lucratives tout en soudoyant le chef corse de la police française, Etienne Fiori. Il fait participer ses affidés à la lutte anticommuniste en aidant Chiang Kai-shek à briser le soulèvement du PC chinois en 1927. S'ensuit une guerre de l'ombre sans précédent. Infiltré dans la Bande verte, le chef des services secrets communistes Gu Shunzhang est arrêté par les nationalistes et tourne casaque. Zhou Enlai et Kang Sheng, mentors des services spéciaux communistes se vengent : ils font enterrer vivant la famille de Gu Shunzhang et combattent sans merci les triades, dont certaines rallient de surcroît les envahisseurs japonais.
Mais le vent de l'Histoire va tourner en faveur des communistes, après la défaite du Japon puis des nationalistes du Kuomintang. En 1949, quand Mao prend le pouvoir, Chiang s'exile à Taiwan (alors appelée Formose) et son ami Mister Du se réfugie à Hongkong. Pendant trente ans, l'île nationaliste et la colonie britannique, auxquelles il faut ajouter l'enclave portugaise de Macao, deviennent les havres des triades et des sociétés secrètes pourchassées en Chine populaire. Les plus importantes ont pour nom, à Taiwan, les Bambous unis et la Bande des Quatre Mers ; à Hongkong, le Cartel Wo, la Sun Yee On, tandis que la 14 K (fondée par un général nationaliste) évolue aussi bien à Taipei, la capitale taïwanaise, qu'à Hongkong et dans les communautés chinoises à l'étranger, jusqu'en France où elle est impliquée dans divers trafics d'héroïne. Enfin, dans les années 1970, un nouveau gang formé d'anciens de l'Armée populaire de libération, voit le jour : le Grand Cercle, avec des ramifications en Amérique et en Europe de l'Ouest.
Ces triades rivalisent entre elles ou coopèrent selon les zones géographiques ou les secteurs d'activité (stupéfiants, prostitution, jeux, rackets, trafic d'ivoire, fausses cartes de crédit, fraudes sur Internet...).
Comme souvent quand il s'agit de la Chine, les prédictions s'avèrent futiles. On a pensé que lorsque Hongkong et Macao (Aomen pour les Chinois) seront rétrocédées à la Chine, triades et mafias se disperseront de peur d'être réprimées par le parti communiste. C'est l'inverse qui s'est produit : profitant du développement économique lancé par Deng Xiaoping, le rival puis le successeur de Mao, les triades et mafias se sont développées en Chine populaire. Et ceci à plusieurs niveaux. D'abord, des triades comme la Sun Yee On ont pactisé avec le parti communiste. Ainsi, Mister Charlie, Tête de dragon de la Sun Yee On, fort de ses amitiés avec le gouverneur de Canton ou le chef de la Sécurité publique, Tao Siju, développe ses activités légales en Chine, telles la production et la distribution de films.
Ensuite, dans les années 1990, des organisations secrètes renouant avec les vieilles traditions voient le jour de manière autonome. Elles ont pour nom : les Tigres volants, le Dragon noir et même la Bande verte ! Mais, le gouvernement les qualifie de « bandes noires » et tente de les réprimer. Lors d'une conférence sur le crime organisé, à Naples, en 1994, le ministre de la Justice Xiao Yang fait des révélations ahurissantes. Il affirme qu'il existe en Chine « 150 000 organisations criminelles auxquelles sont affiliés 600 000 autres groupes de moindre importance ». C'est beaucoup !
Enfin, les successeurs de Deng Xiaoping, Jiang Zemin et les dirigeants de la « 4e génération », menés par Hu Jintao, décident de « frapper fort ». Principale raison : l'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce, obligeant à tenir compte des récriminations des pays étrangers victimes de la contrefaçon et d'autres délits économiques qui sont l'apanage des mafias chinoises. De même, les Têtes de serpent, ces réseaux qui convoient des immigrés clandestins à travers le monde, avec l'apparition de nouvelles mafias chinoises comme le Soleil rouge (Espagne, Italie, Roumanie, Russie), composée uniquement de Chinois immigrés, font l'objet d'une traque menée désormais conjointement par les services de sécurité chinois et les polices de pays étrangers.
Roger Faligot est l'auteur de La Mafia chinoise en Europe (Calmann-Lévy) et coauteur avec Rémi Kauffer de L'Hermine rouge de Shanghai (Les Portes du Large).
1644 Les Qing, d'origine mandchoue, s'emparent du trône des Ming.
1911 Renversement de la dynastie Qing, proclamation de la République chinoise.
1949 Les triades, qui soutenaient les nationalistes de Chiang Kai-shek, se réfugient à Taiwan, Hongkong et Macao.
1997 Les Britanniques restituent Hongkong à la Chine. Macao sera rendue en 1999.

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Femmes de réconfort
Les femmes de réconfort (en japonais : 慰安婦 Ian-fu) furent des femmes, en majorité asiatiques, contraintes de se prostituer pour l'armée impériale japonaise et la marine impériale japonaise durant la Seconde Guerre mondiale.
À la suite du massacre de Nankin en 1937 et du tollé international qui s'en suivit, le quartier-général impérial entreprit de mettre en œuvre une façon de limiter les tensions causées par les viols, extrêmement nombreux, commis par les soldats showa dans les territoires conquis.
L'objectif était également de maintenir le moral des troupes et de les protéger des maladies vénériennes (en imposant l'usage du préservatif dans les maisons closes). Pour atteindre ce but, il fallait donc s'assurer en permanence de la disponibilité d'un nombre suffisant de prostituées.
Sous l'ordre de Hajime Sugiyama, ministre de l'Armée, et du prince Kotohito Kan'in, chef d'état-major et grand-oncle de Hirohito, l'Armée procéda à l'implantation en zone occupée de centres de délassement ou maisons de confort (en réalité des maisons closes à ne pas confondre avec les BMC français (bordel militaire de campagne) similaires à ceux mis en place en 1932 lors de la campagne de Shanghai par le général Yasuji Okamura. Selon les travaux de l'historien Zhiliang Su, au moins 149 maisons furent établies dans cette ville.
Elles étaient dirigées soit par l'armée ou la marine, soit par les gouvernements locaux ou encore par des particuliers.
Les dirigeants touchaient une part sur le prix des passes. Assez souvent les femmes ne recevaient rien, bien qu'une rémunération soit prévue par les règlements de l'armée japonaise. Ces règlements interdisaient aussi les armes et l'alcool.
Les dirigeants japonais avaient fixé des règles de fonctionnement, comme les heures d'ouverture (de 9h à minuit, tous les jours de la semaine), les jours de repos (2 jours par mois lors des menstruations), les désinfections des chambres, les visites médicales ou encore le traitement des femmes atteintes de maladies vénériennes (traitement qui dans la pratique consistait à les abandonner ou à les tuer).
Les femmes "recrutées" étaient généralement jeunes et célibataires. La majorité d'entre elles provenant au départ de Corée, de Tai Wan et de Chine. L'Armée était réticente à employer des japonaises en raison de rôle de "reproductrice" qui leur était dévolu par la politique impériale.
De faux recrutements de serveuses ou d'ouvrières furent organisés, afin d'enrôler de nouvelles femmes. La tromperie ne suffisant pas, des enlèvements furent organisés (voir plus bas). Des Japonaises furent également trompées, par l'intermédiaire de la création du Corps des femmes volontaires, officiellement destiné à assurer la main-d'œuvre des usines. La police militaire (Kempeitai) assurait le recrutement en forçant généralement les chefs de village des territoires occupés à regroupre toutes les jeunes femmes et poursuivait les jeunes femmes désignées volontaires qui s'échappaient.
Les travaux de Yoshiaki Yoshimi, professeur à l'université Chûô, montrent la forte implication des administrations japonaises, non seulement celles de l'armée et de la Kôa-in, mais aussi celles des ministères de l'Intérieur, du Travail et des Finances. Ils établissent après analyse des documents de l'armée shōwa, que celle-ci avait constitué de 1938 à 1945 environ 2000 maisons de confort, dont notamment un centre de délassement de 1 000 femmes pour une armée de 100 000 hommes, en avril 1939, à Kwandong en Chine. Yoshimi a entre autres retrouvé une direcive du 4 mars 1938 transmise par l'adjudant des chefs d'état-major de l'armée de Chine du nord et du corps expéditionnaire de Chine intitulée "Concernant le recrutement des femmes pour les maisons de comfort militaires", déclarant que "les armées sur le terrain contrôleront le recrutement des femmes».
Selon Yoshimi, les femmes provenaient de l'ensemble des territoires conquis comme les Philippines, l'Indochine, la Birmanie les Indes néerlandaises et Singapour mais en majorité de la Corée et de la Chine. Certaines d'entre elles furent donc des prisonnières d'origine australienne ou néerlandaise.
Pour l'historien Ikuhito Hata, professeur à l'université Nihon et l'une des figures de proue de l'organisation de censure Tsukurukai, l'administration collaborationniste coréenne a été la principale responsable du recrutement trompeur de jeunes filles.
Pour le nombre des femmes, plusieurs estimations ont été faites :
Yoshiaki Yoshimi a estimé leur nombre à au plus 200 000 au total ;
La Korean Central News Agency propose le chiffre de 200 000 pour les seules Coréennes.
Selon Ikuhiko Hata, le nombre total des femmes de réconfort était 20 000 (40 % de Japonaises, 20 % de Coréennes, 10 % de Chinoises, le restant étant composé de Taïwanaises, Indonésiennes, Vietnamiennes, et Philippines).
Concernant les conditions de vie, il y a plusieurs témoignages différents. Selon quelques anciennes femmes de réconfort, bien que les dirigeants japonais aient fixé des règles, leur priorité n'était bien évidemment pas la santé et les conditions de vie des femmes, mais celles des soldats japonais.
Elles décrivent donc des conditions de vie assimilables à l'esclavage : elles appartenaient à leurs maisons closes. Elles devaient pratiquer l'abattage, c'est-à-dire satisfaire jusqu'à 70 clients par jour. Elles étaient souvent battues, torturées ou même mutilées par les soldats. Certaines d'entre elles étaient même exécutées purement et simplement parce que le soldat n'était pas satisfait. Certaines qui ont essayé de s'échapper ont été battues, parfois à mort. On peut rapprocher ces traitements de ceux présentés dans le film Le Pont de la rivière Kwaï.
L'une des victimes d'origine coréenne confia aux enquêteurs internationaux avoir maintes fois craint pour sa vie. «J'ai été presqu'assassinée à plusieurs reprises pendant mon séjour comme "femme de réconfort". Il y avait des soldats qui étaient saoûls et qui brandissaient leurs sabres vers moi pendant qu'ils me faisaient leurs demandes de perversions sexuelles...Les menaces qu'ils faisaient étaient explicites : Ils me tueraient si je ne coopérais pas.»
Selon le témoignage de quinze victimes d'un réseau de prostitution implanté en 1942 au Timor oriental par la marine impériale japonaise, les prostituées, dont certaines étaient prépubères, ont été forcées de travailler sans salaire, les vêtements et la nourriture devant même leur être fournis par leurs parents. Ces propos sont confirmés par divers témoins dont un ancien chef de village s'étant fait ordonner par des militaires de trouver des jeunes femmes pour ce type de réseau.
L'enlèvement des femmes par l'armée impériale est aujourd'hui un des aspects les plus sujets à débat dans l'histoire des femmes de réconfort. Le premier témoignage était celui de Yoshida Seiji (voir la rubrique La reconnaissance).
Des documents retrouvés dans les archives du Tribunal de Tokyo, rendus public lors des procès et retrouvés en 2007 par Yoshiaki Yoshimi et Hirofumi Hayashi, démontrent que des membres de la Tokeitai, la police militaire navale, ont enlevé des femmes en Chine, en Indochine et en Indonésie pour les forcer à passer un examen médical et les ont expédié ensuite dans des maisons de confort.
Le 12 mai 2007, le journaliste Taichiro Kaijimura a annoncé la découverte, dans les archives du gouvernement néerlandais, de trente documents officiels soumis au Tribunal de Tokyo comme preuve d'un incident de prostitution de masse à Magelang, Indonésie, en 1944. Selon le journaliste, ces documents démontrent de façon claire que les femmes ont été enlevées par l'armée shôwa et contraintes à la prostitution dans des maisons de confort.
Lors d'un témoignage sur son expérience au front, le vétéran de l'armée shôwa Yasuji Kaneko, a raconté que les femmes "pleuraient mais peu nous importait si elles vivaient ou mouraient. Nous étions les soldats de l'empereur. Que ce soit aux bordels militaires ou dans les villages, nous violions sans aucune réticence."
Par ailleurs, le 4 mars 1938, l'armée japonaise fit passer la circulaire, nommé Gun ian-jo jungyô-fu tô boshû ni kansuru ken (L'affaire concernant le recrutement des femmes de réconfort), demandant au chef d'état-major de faire attention aux proxénètes qui pratiquaient les enlèvements.
En 1982, un Japonais Yoshida Seiji a raconté dans une conférence son expérience de l'enlèvement des femmes. C'était le premier témoignage du côté japonais. L'année suivante, il a publié son ouvrage Watashi no sensô hanzai (Mon crime de guerre). C'est cet ouvrage qui a popularisé le problème des femmes de réconfort avec l'aide du journal Asahi Shimbun. Pourtant, en 1996, Yoshida a avoué que l'enlèvement raconté était une fiction, sans renier sa participation aux razzias de femmes coréennes.
C'est en 1991 que le scandale éclata véritablement, avec la demande d'une procédure judiciaire contre le Japon par une ancienne femme de réconfort, Kim Hak Sun. Depuis de nombreuses autres femmes ont porté plainte (ainsi que certains pays comme la Corée du Sud). Cependant, comme indiqué dans la rubrique l'enlèvement des femmes, il y a beaucoup de contradictions dans leurs témoignages.
La publication en 1992 des travaux de l'historien Yoshiaki Yoshimi portant sur des documents saisis par les alliés en 1946 et entreposés à la bibliothèque du National Institute for Defense studies de Tokyo établit finalement un lien tangible entre l'armée shōwa et les maisons de confort.
Le contenu de ces travaux fut rapporté par certains médias japonais le 12 janvier 1993. En réaction, le gouvernement japonais reconnu le jour même, par l'entremise de Kato Koichi, l'implication de l'armée shōwa dans l'implantation des maisons de confort. Le 17, ce fut au tour du premier ministre Ki'ichi Miyazawa de s'excuser lors d'un voyage en Corée du Sud. Le gouvernement procéda ensuite à certaines auditions et émit le 4 août 1993 une déclaration par laquelle il reconnaissait entre autre que l'armée shōwa était « directement ou indirectement impliquée » dans l'implantation et la gestion des maisons de confort et que les femmes étaient recrutées « dans bien des cas contre leur gré ».
Le 1 mars 2007, le premier ministre Shinzo Abe, se prononçant sur le projet de résolution d'appui aux victimes présenté au Congrès américain, a nié l'implication de l'armée shôwa dans l'enlèvement physique des femmes en déclarant «Le fait est qu'il n'y a pas de preuve qu'il y avait eu usage de contrainte». Le député Nariaki Nakayama a quant à lui fait valoir qu'on « peut comparer ces bordels à des cafétérias dirigées par des compagnies privées qui recrutent leurs propres employés, offrent la nourriture et fixent leurs prix. Mais affirmer que les femmes ont été contraintes par les militaires japonais en service est à côté de la coche. Ce dossier doit être reconsidéré, pour le bien de l'honneur du Japon. ».
Le 17 avril 2007, les historiens Hirofumi Hayashi et Yoshiaki Yoshimi déclarèrent avoir trouvé dans les archives du Tribunal de Tokyo sept documents relatifs à des témoignages de membres de la la marine shōwa confessant avoir arrêté des civiles indonésiennes sous de faux prétextes ou se référant à des membres de la Tokeitai ayant enlevé des chinoises, des indonésiennes et des hollandaises pour en faire des esclaves sexuelles.
Le 26 juin 2007, le Comité des Affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-unis a adopté une résolution demandant entre autres au Japon de "reconnaître formellement, de s'excuser et d'accepter sa responsabilité historique d'une façon claire et sans équivoque pour la contrainte employée par ses militaires afin de forcer des femmes à l'esclavage sexuel pendant la guerre."
En 1996, une juriste sri lankaise, Radhika Coomaraswamy, a présenté son rapport sur l'esclavage militaire pendant la guerre à la Commission des droits de l'homme des Nations Unies. Deux ans après, une rapporteuse spéciale américaine, Gay McDougal, a présenté son rapport à propos des femmes de réconfort (étant l'annexe et son rapport principal est sur le viol en Yougoslavie) qui recommande au Japon de :
reconnaître pleinement sa responsabilité dans l'instauration du système de réconfort et reconnaître que ce système violait le droit international ;
présenter des excuses complètes et honnêtes, en assumant sa responsabilité légale et en offrant des garanties pour que ces crimes ne se répètent jamais ;
Indemniser, par l'entremise du gouvernement, les victimes et les survivantes et celles qui ont droit à une indemnisation par suite des violations déclarées aux présentes, avec des montants suffisants pour réparer le tort causé et empêcher qu'il se reproduise ;
mettre en place un mécanisme d'enquête rigoureux sur le système d'esclavage sexuel militaire, rendre ce mécanisme accessible à la population et assurer la préservation historique de la documentation ;
envisager, en consultation avec les survivantes, l'établissement d'une Commission de la vérité et de la réconciliation qui créera un dossier historique des crimes sexospécifiques commis pendant la guerre, la période de transition et l'occupation ;
reconnaître les victimes et les survivantes et leur rendre hommage par la création de monuments commémoratifs, d'un musée et d'une bibliothèque consacrés à leur mémoire et par la promesse que de tels crimes ne se produiront jamais plus ;
créer des projets éducatifs, tant formels qu'informels, comme l'inclusion de ce chapitre de l'histoire dans des manuels à tous les niveaux et l'appui aux universitaires et aux écrivains pour leur permettre d'informer la population, en particulier les jeunes et les générations futures, sur les violations commises et les souffrances subies ;
appuyer des initiatives de formation en matière de relation entre le système d'esclavage militaire et l'inégalité des sexes, et des préalables nécessaires pour assurer l'égalité des sexes et le respect de l'égalité pour les peuples de la région ;
rapatrier les survivantes qui souhaitent l'être ;
rendre publics tous les documents et autre matériel en sa possession au sujet des postes de réconfort ;
identifier et juger les principaux responsables de l'établissement et du recrutement des postes de réconfort ;
retrouver et rendre aux familles ou aux personnes proches qui le souhaitent les restes des femmes mortes pendant cette période.
Ces deux rapports n'ont pas été adoptés par l'ONU.
C'est le tribunal international des femmes pour la répression des crimes de guerre qui a véritablement fait avancer les choses sur le plan international.
Ce tribunal fut mis en place principalement par des groupes de féministes et d'ONG. Il se déroula du 8 au 12 décembre 2000 à Tōkyō. Il avait pour but de traiter de la condition des femmes durant les conflits et de faire reconnaître le viol comme un crime contre l'humanité. À cette occasion, de nombreux témoins et victimes ont pu témoigner, et des preuves ont été présentées. Le cas des femmes de réconfort fut une partie importante du procès. Les conclusions du Tribunal reconnaissent l'empereur Shōwa (Hirohito) comme l'un des principaux responsables de l'établissement de ces maisons closes, et demandent au Japon de reconnaître et de faire des excuses aux victimes publiquement. Cependant, malgré son nom, le Tribunal n'a aucune validité.
Le Tribunal recommande de plus que les anciennes nations alliées :
rendent immédiatement publics tous les dossiers militaires et gouvernementaux sur l'établissement et le fonctionnement du système de réconfort ainsi que les raisons pour lesquelles ces crimes n'ont pas été jugés par le Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient (TMIEO) ;
rendent immédiatement publics tous les dossiers militaires et gouvernementaux sur l'impunité de l'empereur Shōwa devant le TMIEO ;
reconnaissent le fait qu'elles-mêmes n'ont entrepris ni enquête, ni poursuite contre les crimes commis contre les anciennes femmes de réconfort dans le cadre des procès intentés après la guerre et depuis les 55 dernières années.
Le Tribunal recommande en outre que les Nations unies et tous les États qui en sont membres :
Prennent toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte que le gouvernement du Japon accorde pleine et entière réparation aux victimes, aux survivantes et à celle qui ont droit à l'indemnisation suite aux violations commises contre elles.
demandent l'opinion de la Cour Internationale de Justice quant à l'illégalité des anciens postes de réconfort et à la responsabilité du gouvernement du Japon dans ce dossier.
Quoique ces conclusions soient appréciées par les féministes et quelques médias, les conservateurs les critiquent en raison de leur injustice. Les accusés n'y étaient ni présents (tous morts), ni défendus. Les opposants au Tribunal n'ont pas pu assister à une audience. De plus, les preuves et les documents n'ont pas été objectivement vérifiés. C'est pourquoi, d'après les opposants, cela n'a été qu'une réunion.

"Beijing-2008 ou Femmes nues au Mah jong" : Analyse
Analyse de la peinture "Beijing-2008 ou Femmes au Mah jong",
Métaphore de la Chine d'aujourd'hui et de ses relations diplomatiques.
Peinture "Beijing-2008 ou Femmes au Mah jong"
Peinture à l'huile 123cm X 154cm, 2006
Dans cette peinture à l'huile du peintre chinois habitant à Toronto LIU Yi 刘溢, quatre jeunes filles jouent au jeu chinois traditionnel du Mah jong. Cette peinture a, depuis avril 2006, fait énormément de bruit sur Internet en Chine. Elle fut initialement intitulée "Femmes au Mah jong" . C'est lors de sa première exposition, en mars 2006 à New York, que l'artiste l'a renommé "Beijing-2008" du fait du symbolisme qui en ressort. "Les Olympiades sont appelés par les Occidentaux 'Les Jeux', et le Mah jong, est aussi un 'jeu'" explique LIU. Aujourd'hui, cette peinture est beaucoup plus connue sous son deuxième nom "Beijing-2008" en Chine.
La rédaction de Chine-informations.com vous propose la traduction et l'analyse de quelques commentaires qui reviennent le plus souvent sur cette peinture (attention : le peintre lui-même a reproduit aussi ces commentaires sur son blog, mais n'a jamais rien validé.)
En haut à gauche de la peinture, on peut observer le portrait d'un homme semblant familier, mais peu familier tout de même. Il a la barbe de Sun Yat-sen (ou Sun yaxian ou Sun zhongshan), le crâne chauve de Chiang Kai-shek (ou Jiang Jieshi) et des traits de Mao Zedong. Ce portrait symbolise les cents dernières années de l'Histoire chinoise.
A gauche de la peinture, une fille innocente et concentrée semble être ravie de son jeu. Elle est la seule véritablement concentrée. Elle esssaye d'être prudente mais apparemment ne sait pas ce qui se passe sous la table, ni le véritable danger du jeu. Elle représenterait le Japon.
La fille du milieu au premier plan, tournant le dos à l'observateur, possède trois tuiles d'"Est" symbolisant la réalité incontestable : l'émergeance de la Chine. Cependant cette fille tente de tricher avec des tuiles dissmulées derrière son pied. Ses vêtements représenteraient ses véritables pouvoirs : elle est dos nu (elle semble miséreuse) mais porte de la lingerie fine (mais ne manque en réalité de moyens).
La fille du milieu au second plan, faisant face à l'observateur semble être métissée. Alors qu'elle joue, elle regarde vers une source de lumière représentant le futur; d'autres disent qu'elle regarde la fille en rouge à droite qui représenterait Taiwan. On peut remarquer au premier coup d'oeil qu'elle est très bien vêtue (cela procure l'impression qu'elle est à l'aise financièrement) mais ne porte rien en bas (mais en réalité, elle n'a pas les moyens de se protéger). Elle n'est pas vraiment intéressée par le jeu, ou se demande s'il est vraiment intéressant de continuer à y jouer. Elle semble légèrement inquiète et plutôt préoccupée par des affaires plus personnelles.
Puis, il y a une fille étrangère allongée qui représenterait la Russie. Elle joue à un jeu chinois qu'elle ne connait pas. Elle a une tuile en moins; Il semble qu'elle l'échange avec la fille aux tatouages qui représenterait la Chine (regardez bien sa main droite). Dans une position allongée, on dirait qu'elle n'est pas très intéressée par le jeu, mais en réalité, elle est active car non seulement elle échange des tuiles avec sa camarade de gauche, mais en plus, pose son pied sur la fille à sa droite qui représenterait les USA.
A droite, il y a une fille en vêtements traditionnels chinois. Pour certains, elle représenterait Taiwan qui s'intéresse mais ne peut participer au jeu. Les fruits dans ses mains signifieraient les intérêts de la région. Pour d'autres, elle est une fille de paysan venue en ville pour travailler; elle serait la main-d'oeuvre qui a permi à la Chine de s'éveiller. Sur son visage, on peut lire de l'incompréhension et du mécontentement. Elle ne connais pas les règles mais observe et apprend.
Du côté droit de la peinture, devant le bâtiment, il y a une rivière et des rochers. Ceci symbolisant un futur incertain à celui qui devra traverser la rivière rocher par rocher.
A la suite des nombreux commentaires sur sa peinture "Beijing-2008", Liu Yi en a peint une seconde version en juillet 2006 pour recadrer le sentiment qu'il souhaitait exprimer. La différence qui ressort le plus, est la fille de gauche sensée représenter le Japon qui n'est pas si sage et concentrée que cela... Dans la deuxième version, l'artiste a aussi fait un clin d'oeil au nouveau nom de sa peinture en représentant un "2008" brodé sur le vêtement de la jeune fille la plus à droite de la peinture.

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Armée Populaire de Libération
Documents Joints
Drapeau de l'APL
Régions militaires en Chine
Cartes des principales unités navales
Le nouveau Livre blanc sur la défense de la Chine
L'Armée populaire de libération 中国人民解放军 (Rénmín Jiěfàng Jūn), fut fondée par le Parti communiste chinois le 1er août 1927 au tout début de la guerre civile qui l'opposa au Guomindang.
Après avoir été surtout une armée de masse grâce à la conscription depuis la création de la République populaire de Chine, elle entame depuis les années 1990 une reconversion pour réduire son personnel, avoir des unités professionnelles et pour obtenir des armements technologiquement évolués. La Chine est actuellement l'un des plus gros importateurs d'armements de la planète et l'industrie de l'armement de la République populaire de Chine est (par le nombre d'employés, non par la production) le premier complexe militaro-industriel du monde.
Les forces armées ayant de grands intérêts dans l'industrie chinoise avec le contrôle de quinze mille entreprises (usines d'armement, banques, agences de voyages et même casinos), il est malaisé de connaître le budget de la défense de la République populaire de Chine, les chiffres officiels indiquent 283,8 milliards de yuan soit 28,6 de milliards de dollars US en 2006 soit aux alentours de 1,4 % du PIB et de 7 à 8 % du budget de l'État.
Le budget de la défense chinois s'est inscrit pour 2004 en hausse de 11,6 % sur 2003, après des hausses de respectivement 9,6 % en 2003 et 17,6 % en 2002 alors que la CIA l'estime aux environs de soixante milliards de dollars.
En 2003, ses effectifs globaux s'élevaient à 2 250 000 militaires d'active, 7 180 chars, 4 560 blindés, 3 400 avions, 480 hélicoptères, 132 navires de guerres et 258 autres bâtiments de support (logistique, bâtiments amphibies…).
La Chine disposait d'environ 400 armes nucléaires, d'une trentaine d'ICBM et de SLBM, 100 missiles de portée intermédiaires, 600 missiles balistiques moyenne portée avec des charges classiques ou nucléaires seraient pointés sur Taiwan ou les Forces armées de la République de Chine ont une posture défensive face à celle du continent.
CHRONOLOGIE
- 1927-1948 : guerre civile chinoise en plusieurs phases entrecoupé de tréve.
- 1937-1945 : guerre sino-japonaise
- 1945-1948 : fin de la guerre civile chinoise
- 25 octobre 1950 : 54 divisions de « volontaires » chinois commencent à participer à la guerre de Corée.
- 15 octobre 1951 : Début de l'occupation militaire du Tibet.
- 1958 : Bombardements d'iles dépendant de Taiwan et violents accrochages naval et aériens.
- 1962 : La RPC qui conteste la souveraineté indienne sur 90 000 km² de territoire dans le Cachemire fait une incursion en force 20 km au-delà de la frontière, puis se retire. Les États-Unis et l'URSS interviennent pour arrêter le conflit. L'Inde s'incline et cède la région d'Aksai Chin (33 000 km²) dans l'est du Cachemire indien. Lancement par l'Inde de son programme nucléaire suite à cette agression.
Revendication par la Chine de la province d'Arunachal Pradesh (nord-est de l'Inde).
- 16 octobre 1964 : Premier essai d'une bombe A dans le désert du Lop Nor.
- Entre octobre 1965 et mars 1968 : Environ 320 000 soldats chinois sont envoyés pour aider le Nord-Viêt Nam dans les tâches de défense aérienne, de génie et de logistique. Plus de 1 400 d'entre eux ont été tués.
- 1969 : Conflit frontalier avec l'URSS; plusieurs centaines de victimes de part et d'autre.
Du 17 février au 16 mars 1979 : Guerre sino-vietnamienne, l'armée populaire de libération tente d'envahir le nord du Viêt Nam avec 170 000 hommes pour le punir d'avoir envahi le Cambodge. L'opération est un échec; 26 000 tués et 37 000 blessés chinois, 30 000 morts et 32 000 blessés du côté vietnamien.
- Janvier 1987 : Incidents de frontiére entre la République populaire de Chine et le Viêt Nam (600 morts dans les rangs chinois et 500 chez les Vietnamiens).
- 1989 : Répression violente des manifestations de la place Tiananmen.
Forces spéciales, unités parachutistes et services "action"
Peu d'informations sont disponibles concernant les forces spéciales de l'APL. L'immense réservoir humain à la disposition des autorités militaires chinoises a permis, sans aucun doute, de constituer un nombre important de telles unités.
D'après plusieurs sources d'information, il semblerait que l'APL aligne deux groupes indépendants d'opérations spéciales, qui porteraient la dénomination de 6e et 8e groupes. Ceux-ci dépendent probablement pour emploi de l'état-major général de l'APL. Il existerait, d'autres part, douze détachements autonomes, également indépendant, de forces dites spéciales. Ceux-ci pourraient être placés sous l'autorité des grands commandements des régions militaires, soit sous celle de l'état-major général de l'APL, même si la première hypothèse semble plus probable. Tout porte à croire que ces unités sont de type commando ou Ranger, donc chargées en premier lieu des actions directes en profondeur.
Outre ces unités indépendantes, l'APL aligne trois divisions parachutistes (1ere, 2e, 3e division parachutiste) alignant chacune entre 9 000 et 12 000 hommes et au moins une brigade d'assaut amphibie. Chacune des divisions parachutistes intègre sa propre composante d'opérations spéciales, tout comme celle d'infanterie de marine, qui compte des unités de reconnaissance amphibie et des équipes de plongeurs-démineurs et de nageurs de combat.
Les divisions parachutistes alignent chacune un bataillon de reconnaissance dont les personnels brevetés chuteurs sont utilisés comme éclaireurs ou éléments de reconnaissance avancée, et au moins une compagnie de commandos chargée des actions directes et de sabotage sur les arrières de l'adversaire. Dans l'ordre de bataille de chaque division figurent également une compagnie d'état-major, trois régiments d'infanterie, un bataillon de génie d'assaut, un bataillon d'artillerie, une ou plusieurs batteries antiaériennes, une compagnie de sécurité et une compagnie de guerre chimique.
Les origines des troupes aéroportées de l'APL remontent au lendemain de la guerre civile. Les premières unités parachutistes furent formées au début des années 1950, et cela grâce aux personnels déjà brevetés par l'armée américaine durant la Seconde Guerre mondiale, qui après avoir servi dans les forces nationalistes du Guomindang, rallièrent les forces communistes.
A partir de la fin des années 1950, et jusqu'à la rupture des relations entre Pékin et Moscou, l'URSS équipera progressivement deux divisions parachutistes, dont de nombreux cadres avaient déjà une expérience du combat au cours de la guerre de Corée. En 1969, l'APL créa une troisième division parachutiste. Celles ci constituent le 1er corps parachutiste, qui fait partie de la réserve stratégique.
Durant la Révolution culturelle, les parachutistes furent déployés dans le tout le pays pour protéger les principaux sites et infrastructures, ainsi que certains hauts dirigeants communistes.
Comme dans le cas de bien d'autres pays, le service de renseignement militaire chinois, connu sous le nom de Qingbao (anciennement Cheng Pao K'o), possèdent un service action.
L'unité 8139 basée à Pékin compteraient plus de dix mille hommes, elle est née de la transformation de l'unité 8341 dissoute au début au début des années 1980. Dépendant directement pour l'emploi du département des affaires spéciales, connu comme Tewu ou du département des investigations, appelé Diaochabu du comité du comité central du Parti communiste chinois. Elle chargée essentiellement des enquêtes confidentielles et des actions clandestines.
Les services de renseignements chinois se composent, en effet, de deux branches distinctes, même si elles sont complémentaires : une gouvernementale, qui dépend du cabinet du conseil d'État (renseignements militaires, sécurité d'État, etc.); une sous le contrôle du comité central du PCC.
Marine de l'Armée populaire de libération
Au 1er janvier 2001, la Marine de l'Armée populaire de libération (PLAN en anglais) comptait 268 000 h dont 25 000 dans l'aéronavale, 28 000 dans la défense côtière et 7 000 fusiliers marins.
La majorité de ces navires étaient de conception datant des années 1960/70 mais elle a entrepris un énorme effort de modernisation notamment le lancement de plus de 20 navires de surfaces et de 10 sous-marins par an en 2004 et l'acquisition de navires et d'armement de pointe russes.
Elle est constituée de 3 flottes :
- Flotte du Nord (1re flotte du Peihei) : Attachée à la région militaire du Jinan, cette flotte couvre la Mer Jaune jusqu'à la hauteur de Lyanyungand (35°10'N). Elle est la moins dotée en grands navires de surface mais s'occupe des sous-marins nucléaires et des tests de submersibles.
- Flotte de l'Est (2e flotte du Tunghei) : Cette flotte est chargée entre autres de la protection de Shanghaï et de la surveillance de Taïwan, elle couvre la mer de Chine orientale à partir des régions maritimes allant de Lyanyungand au nord à l'île de Nanao et Shantou au Sud.
- Flotte du Sud (3e flotte du Nanhai) : Elle couvre la mer de Chine Méridionale du Détroit de Taïwan à la frontière du Viêt Nam
Au 1er janvier 2006, la marine de guerre chinoise accède au rang de 3ème puissance navale mondiale avec 424 bâtiments de combat pour 788 870 tonnes.
Elle ne totalisait, au 1er janvier 2001, que 393 650 tonnes de navires de combat.
Aéronavale
Le parc aérien de la marine, armé par 25 000 h est composé de 780 avions et hélicoptères, il devrait étre réduit à 500 appareils modernes en 2010.
Les forces nucléaires
Les forces de missiles balistiques stratégique dépendent du second corps d'artillerie.
Un site américain spécialisé dans l'armement nucléaire, www.thebulletin.org, estime en 2006 que la Chine a un arsenal de quelque 200 têtes nucléaires, alors qu'elle en avait 435 en 1993.
On pense que la Chine a produit quelque 600 têtes nucléaires depuis 1964
On faisait état en 2005 d'environ 400 armes nucléaires ce qui relativement peu par rapport aux arsenaux Russe et Américain et la place au niveau de la Grande-Bretagne, mais les ogives stratégiques sont d'une très forte puissance pour compenser la faible précision de leurs vecteurs.
Environ 80 à 130 têtes nucléaires sont déployées sur des missiles balistiques basé à terre.
La composante navale des forces nucléaire se compose en 2005 d'un seul SNLE, le Xia type 092 (immatriculé 406), équipé de 12 missiles Ju Lang 1 (CSS-N-3) d'une portée de 3 500 km portant une ogive de 2 mégatonnes. Ce navire fut lancé en 1981 et entra en service en 1987.
Un autre SNLE, le type 094, est actuellement à l'essai et sera équipé de 16 Ju Lang 2 d'une portée de 8 000 km portant soit une ogive de 2,5 mégatonnes ou 3 MIRV de 90 kilotonnes. Si les essais sont concluant, 4 ou 5 seront construit.
Le SSB Golf type 31 (immatriculé 200) est un bâtiment d'essais servant aux expérimentations des SLBM; lancée en 1966, il devrait étre retiré du service en 2008.
La force aérienne comprénent une centaine de bombardiers Xian H-6, copie sous licence du Tupolev Tu-16.
A VOIR : Journal de l'Armée Populaire de Libération

=
Histoire de Chine : "Dix mille années", ou cent siècles Han
« Dix mille années »,
ou cent siècles Han
Tiré du chapitre 12 du livre « Petite Histoire de la Chine »
De Xavier Walter
Editions Eyrolles Pratique
Figurations chinoises
Si, en 2007, un Chinois porte son regard jusqu'au néolithique antérieur,il a des cent siècles écoulés une perception nationale. Des Han, « la race chinoise » dont il est, cultivaient alors les loess du fleuve Jaune sous l'autorité légendaire de Fuxi qui enseigna l'agriculture et la pêche aux pasteurs. Plus tard, le divin Shennong leur apprit à se soigner par les plantes. En ce XXIe siècle, les Han représentent plus de 90 % de la population chinoise, plus de 50 % d'entre eux sont agriculteurs, et leur médecine millénaire n'a pas perdu son crédit. Culturelle sinon naturelle, cette histoire nationale est saisie comme continue depuis Fuxi dont les rois mythiques ont poursuivi l'oeuvre. La Chine croit leur devoir l'établissement de ses normes morales, sociales, ses premiers pictogrammes dont témoigne encore son écriture. Confucius vantait ces figures tutélaires. « Que Yao a été un grand prince ! Quelle splendeur émanait de la culture et des institutions ! » La Chine situe rituellement la perfection dans son passé. Mais les Han sont des hommes et ne cessent, comme tels, de se détourner de l'enseignement des âges, au prix de l'harmonie de l'Empire et pour la plus grande colère du Ciel.
Les Chinois, empiriques affectifs et intuitifs, attachent un grand prix à l'expérience. Une de leurs figures familières est un vieillard à l'expression maligne, au front immense, siège de son expérience. Le temps et l'étude seuls permettent de parvenir à une perception utile des « Dix mille êtres ». Si les Han sont fiers de leur Antiquité, elle leur crée des devoirs ; ils se sentent les « frères aînés » de l'humanité. Le père Joseph Amiot, mort en 1793, parle « d'un peuple doux, honnête, paisible, complaisant même, amateur de l'ordre, plein d'égards par principe pour les étrangers, et toujours disposé à l'indulgence quant à leurs défauts ». Sentiment renforcé par la conscience de leur masse.
La pensée confucéenne au coeur
Peut-on comprendre la Chine sans connaître ce qui se passe dans la tête des Chinois et les règles auxquelles obéit leur société ? Le Han est souvent regardé comme l'être le plus individualiste du monde. Si cette caractéristique lui a permis de se tirer de situations qui auraient anéanti le commun des hommes, il est admis aussi que l'ordre confucéen fondé sur la famille le garde de cet individualisme. La famille est la clé de la société chinoise. La solidarité y règne, réglée par l'âge des membres de la communauté, la génération à laquelle ils appartiennent. Son ordre calqué sur celui de la société féodale a pesé sur la société chinoise jusqu'au XXIe siècle. Confucius l'a consacré. « Le sujet obéit à son prince comme le fils à son père, et aux officiers comme le frère puîné obéit à son frère aîné ; le prince doit commander à ses sujets avec la même bonté qu'un père à ses enfants. » La Chine est une immense combinaison féodalité/famille. Chacun y obéit aux « Cinq relations » – prince/sujet, père/fils, aîné/cadet, mari/femme, amis – qui régissent la société de bas en haut et de haut en bas. Elles excluent toute différence entre devoir et maintien public, devoir et comportement privé. La substitution des mandarins aux féodaux n'y change rien. Au sommet, le Prince ; sous lui, féodaux ou fonctionnaires ; au-dessous, en une authentique démocratie sociale, les autorités naturelles : propriétaires, chefs de clan, de village, de famille, gros commerçants, réseaux de relations, donnent vie à la société. Il faut peu pour qu'y règne la paix sinon l'« harmonie » que l'Empereur aspire à établir avec le « mandat du Ciel ».
Les Chinois sont endurants, opiniâtres, maîtres de soi ; mais chicaneurs aussi. « On ne saurait priver le dernier des hommes de son librearbitre», observe Confucius ; ce qui n'est pas nécessairement positif.
Perpétuelle jeunesse de l'histoire
La Chine a connu des périodes de crise aux violences inouïes, été souvent subjuguée par des étrangers. C'est une constante : elle subit l'événement lorsque son pouvoir malade perd le « mandat du Ciel » et cesse d'avoir prise sur son immense corps centrifuge. Elle faisait dire à Sun Yatsen que le seul danger que connussent les Chinois était d'être « comme un plateau de sable sec ». Teilhard de Chardin s'étonnait du « singulier spectacle » qu'offrait « cette géante contrée qui […] représentait, toujours vivant sous nos yeux, un fragment à peine modifié du monde tel qu'il pouvait être, il y a dix mille ans » ; voyait l'immense pays « interminablement compliqué sur lui-même », malgré la mise en garde de Confucius : « L'honnête homme cultive l'harmonie, pas la conformité. » Conformisme substitué à l'harmonie, Confucius fossilisé par le néo-confucéisme, ont figé l'Empire que son immensité rendait, par ailleurs, lent à réagir à la nouveauté.
La Chine n'en a pas moins évolué et connu des périodes brillantes. Ainsi, celle des Tang. L'Empire ouvert au monde se développe pendant un siècle et demi de paix, puis ce sont insurrections, calamités, déclin, chute, au milieu d'une anarchie affolante. Viennent les Song. Raffinés, ils ont le tort de cultiver le néo-confucéisme qui fige une pensée subtile ; la machine coince. Les « Barbares » en profitent : Jürchets, puis Mongols, que les Ming finissent par chasser. Sous eux, le pays se ferme, le mouvement « interminablement compliqué sur lui-même » s'accuse, dans l'image que le pays va offrir aux aventuriers de l'« Océan occidental » bientôt arrivés sur ses côtes. Les renversent une formidable jacquerie et un « barbare », le Mandchou qui prend Pékin et étend son pouvoir à tout le pays. Leur dynastie connaît de grands souverains. La Chine n'a jamais été aussi vaste qu'à l'ère Qianlong, ni si brillante peutêtre.
Mais la dynastie prend de l'âge et l'Empire a un cancer au flanc, les marchands de l'Occident. Vrai confucéen, Qianlong le sait et a mesuré qu'il ne peut mieux faire que retarder un peu le mal. À sa mort, la Chine entre dans deux siècles de bouleversements cruels dont elle émerge aujourd'hui, décidée à reprendre la place qui est celle des Han sous le Ciel, la première. Bien des peuples, le cauchemar passé, se trouveraient hébétés. Pas les Chinois. Gou Hongming, en 1915, l'expliquait : ils allient raison adulte et coeur d'enfant. Cette heureuse union leur vaut une forme de perpétuelle jeunesse. Ils savent et tirer parti de toute expérience et prendre mille initiatives avec une fougue juvénile. Ils vont sur les traces de Confucius en qui ses contemporains voyaient, avec un mélange d'incrédulité et d'envie, l'homme « qui cherche ce qu'il sait impossible ». L'expérience rend endurant, le coeur, plutôt confiant. L'histoire de la Chine l'a montré cent fois.
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Ligue de la jeunesse communiste chinoise
Drapeau de la Jeunesse Communiste Chinoise
La Ligue de la Jeunesse Communiste Chinoise a été créée en 1922, un après la création du Parti communiste chinois.
La tâche de la ligue est de faire progresser avec discipline l'idéologie communiste, selon le modèle Chinois, parmi les jeunes de 14 à 28 ans. Son organisation est identique à celle du Parti. Elle est dirigée par un Secrétaire Général et possède un Comité central. Ses membres sont élus tous les 5 ans, à l'occasion de conférences nationales. Ils sont tenus d'appliquer les décisions prises pendant les conférences. Il existe aussi un Comité des Affaires Générales dans chacune des 31 provinces.
La ligue était à l'origine appelée Ligue de la jeunesse socialiste de Chine. A la création de la République populaire de Chine, en 1949, elle fut renommée Ligue de la jeunesse de démocratie nouvelle de Chine. Elle retrouva le nom de Ligue de la Jeunesse Communiste Chinoise en 1957. Son fonctionnement fut interrompu pendant les années de la Révolution Culturelle. Il reprit en 1978. Depuis, la ligue a organisé 5 conférences. La 15ème et dernière s'est tenue en 2003.
Aujourd'hui, la ligue compte environ 70 000 000 de membres. Elle a un journal officiel : le Quotidien de la jeunesse de Chine.

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Histoire de Chine : "Dix mille années", ou cent siècles Han
« Dix mille années »,
ou cent siècles Han
Tiré du chapitre 12 du livre « Petite Histoire de la Chine »
De Xavier Walter
Editions Eyrolles Pratique
Figurations chinoises
Si, en 2007, un Chinois porte son regard jusqu'au néolithique antérieur,il a des cent siècles écoulés une perception nationale. Des Han, « la race chinoise » dont il est, cultivaient alors les loess du fleuve Jaune sous l'autorité légendaire de Fuxi qui enseigna l'agriculture et la pêche aux pasteurs. Plus tard, le divin Shennong leur apprit à se soigner par les plantes. En ce XXIe siècle, les Han représentent plus de 90 % de la population chinoise, plus de 50 % d'entre eux sont agriculteurs, et leur médecine millénaire n'a pas perdu son crédit. Culturelle sinon naturelle, cette histoire nationale est saisie comme continue depuis Fuxi dont les rois mythiques ont poursuivi l'oeuvre. La Chine croit leur devoir l'établissement de ses normes morales, sociales, ses premiers pictogrammes dont témoigne encore son écriture. Confucius vantait ces figures tutélaires. « Que Yao a été un grand prince ! Quelle splendeur émanait de la culture et des institutions ! » La Chine situe rituellement la perfection dans son passé. Mais les Han sont des hommes et ne cessent, comme tels, de se détourner de l'enseignement des âges, au prix de l'harmonie de l'Empire et pour la plus grande colère du Ciel.
Les Chinois, empiriques affectifs et intuitifs, attachent un grand prix à l'expérience. Une de leurs figures familières est un vieillard à l'expression maligne, au front immense, siège de son expérience. Le temps et l'étude seuls permettent de parvenir à une perception utile des « Dix mille êtres ». Si les Han sont fiers de leur Antiquité, elle leur crée des devoirs ; ils se sentent les « frères aînés » de l'humanité. Le père Joseph Amiot, mort en 1793, parle « d'un peuple doux, honnête, paisible, complaisant même, amateur de l'ordre, plein d'égards par principe pour les étrangers, et toujours disposé à l'indulgence quant à leurs défauts ». Sentiment renforcé par la conscience de leur masse.
La pensée confucéenne au coeur
Peut-on comprendre la Chine sans connaître ce qui se passe dans la tête des Chinois et les règles auxquelles obéit leur société ? Le Han est souvent regardé comme l'être le plus individualiste du monde. Si cette caractéristique lui a permis de se tirer de situations qui auraient anéanti le commun des hommes, il est admis aussi que l'ordre confucéen fondé sur la famille le garde de cet individualisme. La famille est la clé de la société chinoise. La solidarité y règne, réglée par l'âge des membres de la communauté, la génération à laquelle ils appartiennent. Son ordre calqué sur celui de la société féodale a pesé sur la société chinoise jusqu'au XXIe siècle. Confucius l'a consacré. « Le sujet obéit à son prince comme le fils à son père, et aux officiers comme le frère puîné obéit à son frère aîné ; le prince doit commander à ses sujets avec la même bonté qu'un père à ses enfants. » La Chine est une immense combinaison féodalité/famille. Chacun y obéit aux « Cinq relations » – prince/sujet, père/fils, aîné/cadet, mari/femme, amis – qui régissent la société de bas en haut et de haut en bas. Elles excluent toute différence entre devoir et maintien public, devoir et comportement privé. La substitution des mandarins aux féodaux n'y change rien. Au sommet, le Prince ; sous lui, féodaux ou fonctionnaires ; au-dessous, en une authentique démocratie sociale, les autorités naturelles : propriétaires, chefs de clan, de village, de famille, gros commerçants, réseaux de relations, donnent vie à la société. Il faut peu pour qu'y règne la paix sinon l'« harmonie » que l'Empereur aspire à établir avec le « mandat du Ciel ».
Les Chinois sont endurants, opiniâtres, maîtres de soi ; mais chicaneurs aussi. « On ne saurait priver le dernier des hommes de son librearbitre», observe Confucius ; ce qui n'est pas nécessairement positif.
Perpétuelle jeunesse de l'histoire
La Chine a connu des périodes de crise aux violences inouïes, été souvent subjuguée par des étrangers. C'est une constante : elle subit l'événement lorsque son pouvoir malade perd le « mandat du Ciel » et cesse d'avoir prise sur son immense corps centrifuge. Elle faisait dire à Sun Yatsen que le seul danger que connussent les Chinois était d'être « comme un plateau de sable sec ». Teilhard de Chardin s'étonnait du « singulier spectacle » qu'offrait « cette géante contrée qui […] représentait, toujours vivant sous nos yeux, un fragment à peine modifié du monde tel qu'il pouvait être, il y a dix mille ans » ; voyait l'immense pays « interminablement compliqué sur lui-même », malgré la mise en garde de Confucius : « L'honnête homme cultive l'harmonie, pas la conformité. » Conformisme substitué à l'harmonie, Confucius fossilisé par le néo-confucéisme, ont figé l'Empire que son immensité rendait, par ailleurs, lent à réagir à la nouveauté.
La Chine n'en a pas moins évolué et connu des périodes brillantes. Ainsi, celle des Tang. L'Empire ouvert au monde se développe pendant un siècle et demi de paix, puis ce sont insurrections, calamités, déclin, chute, au milieu d'une anarchie affolante. Viennent les Song. Raffinés, ils ont le tort de cultiver le néo-confucéisme qui fige une pensée subtile ; la machine coince. Les « Barbares » en profitent : Jürchets, puis Mongols, que les Ming finissent par chasser. Sous eux, le pays se ferme, le mouvement « interminablement compliqué sur lui-même » s'accuse, dans l'image que le pays va offrir aux aventuriers de l'« Océan occidental » bientôt arrivés sur ses côtes. Les renversent une formidable jacquerie et un « barbare », le Mandchou qui prend Pékin et étend son pouvoir à tout le pays. Leur dynastie connaît de grands souverains. La Chine n'a jamais été aussi vaste qu'à l'ère Qianlong, ni si brillante peutêtre.
Mais la dynastie prend de l'âge et l'Empire a un cancer au flanc, les marchands de l'Occident. Vrai confucéen, Qianlong le sait et a mesuré qu'il ne peut mieux faire que retarder un peu le mal. À sa mort, la Chine entre dans deux siècles de bouleversements cruels dont elle émerge aujourd'hui, décidée à reprendre la place qui est celle des Han sous le Ciel, la première. Bien des peuples, le cauchemar passé, se trouveraient hébétés. Pas les Chinois. Gou Hongming, en 1915, l'expliquait : ils allient raison adulte et coeur d'enfant. Cette heureuse union leur vaut une forme de perpétuelle jeunesse. Ils savent et tirer parti de toute expérience et prendre mille initiatives avec une fougue juvénile. Ils vont sur les traces de Confucius en qui ses contemporains voyaient, avec un mélange d'incrédulité et d'envie, l'homme « qui cherche ce qu'il sait impossible ». L'expérience rend endurant, le coeur, plutôt confiant. L'histoire de la Chine l'a montré cent fois.
Les dix années qui ont métamorphosé la Chine

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Pendentif perle Impériale
Deng Xiaoping, l'un des pères fondateurs de la Chine moderne, s'éteignait le 19 février 1997. En une décennie, ses successeurs ont métamorphosé le pays. L'outsider devient une superpuissance.
Impressionnant. Dix ans après la mort de Deng Xiaoping le 19 février 1997, la planète ne peut qu'admirer, ébahie, son héritage. La Chine, autrefois oubliée voire dénigrée, parvient aujour­d'hui au pinacle du monde. Candidate à la superpuissance, elle s'illustre dans tous les domaines. Inventaire.
Le grand bond en avant technologique. La Chine a envoyé une soixantaine de fusées dans l'espace, y compris deux cabines habitées, et parle pour les années à venir, d'une mission sur la Lune. Au plan technologique, elle a ouvert ses propres centrales nucléaires, et se lance cette année dans la construction de son TGV de Pékin à Shanghai. De même, sur Internet, elle talonne et bientôt dépassera les Etats-Unis, avec 137 millions d'internautes.
La nouvelle usine du monde. Au plan industriel, elle est devenue l'usine du monde, aspirant goulûment toutes les industries traditionnelles des cinq continents. Elle s'est imposée comme numéro un ou numéro deux du textile, de l'électroménager, de l'automobile (elle en a vendu ou exporté 7 millions l'an passé).
Un géant militaire doublé d'un ogre colonial. Au plan militaire, elle investit secrètement 100 milliards de dollars par an, et tout en cherchant à rassurer ses voisins, elle vient de donner un échantillon de son savoir-faire en détruisant un satellite. De même, elle se crée des quasi-colonies en Asie du Sud-Est et en Afrique, avec laquelle elle échangeait l'an passé pour 50 milliards de dollars.
Une puissance courtisée. Au plan politique, elle a obtenu l'entrée à l'OMC, les Jeux olympiques de 2008 et de nombreux congrès, tel le World Economic Forum de Davos, traduisant sa montée en puissance planétaire.
Une classe moyenne émergente. Sous l'angle sociétal, les gens des villes sont mieux logés, mieux nourris, prennent des vacances. Ils sont aussi bien plus religieux, avec 31% de la population qui adhère à une foi.
Un coût social faramineux. Paradoxalement, le 10e anniversaire du départ de Deng, l'auteur de tout cela, a été virtuellement passé sous silence dans la presse chinoise. Seul l'éditorialiste de garde au Quotidien du peuple rappelait l'événement, citant Yan Jiaqi (théoricien réformiste) pour estimer que l'ère de Deng était «une étape importante dans la réforme du système politique chinois». C'est un peu court!
Si le régime reste discret sur cette mort, comme sur toute chose idéologique, c'est que les Chinois voient aussi le côté pile de ces succès. Le stress est chiffrable: 30% des gens avouent vivre sur les nerfs. Et on compte 300 000 suicides réussis chaque année.
La pollution la plus grave du monde
La pollution est la plus grave du monde. L'état de l'air et de l'eau est déplorable dans les villes comme les campagnes, par la faute d'industriels et d'administrateurs irresponsables.
La corruption des 20 millions de cadres explique le détournement l'an passé de 200 milliards d'euros (la moitié du budget de l'Etat). Enfin, les soins hospitaliers vont de mal en pis. Et la sécurité sociale disparaît. En somme, le socialisme chinois, en 2007, vit un paradoxe qui ressemble à une fin de règne: plus il semble fort, plus sa fragilité s'aggrave.

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Mao Ze Dong
Source: Publier: Mis à jour le :2006-12-11
Né à Shaoshan, province Hunan (1893-1976). Issu d'une famille de paysans aisés, Mao découvre le marxisme à l'université de Pékin (où il est bibliothécaire) et participe à la fondation du Parti Communiste Chinois en 1921.
Percevant le potentiel révolutionnaire des masses paysannes, il organise une insurrection au Hunan (1927), mais l'échec de celle-ci lui vaut d'être exclu du Bureau politique du PCC. Gagnant le Jiangxi pour échapper à la répression engagée par Jiang Jieshi (Tchang Kaï-chek) contre le parti, il fonde la République socialiste chinoise(1931), mais doit battre en retraite devant les nationalistes du Guomindang (la longue Marche 1934-1935).

Réintégré au Bureau politique (1935), il s'impose comme le chef du mouvement communiste chinois, tout en s'alliant avec Jiang Jieshi contre les Japonais. Il rédige alors, à Yan'an, ses textes fondamentaux (Problème stratégique de la guerre révolutionnaire en Chine, 1936 ; De la contradiction, De la pratique, 1937 ; De la démocratie nouvelle, 1940), dans lesquels il adapte le marxisme aux réalités chinoises.
Après trois ans de guerre civile (1946-1949), il contraint Jiang Jieshi à abandonner le continent et proclame à Pékin la République populaire de Chine (1er Oct.1949). Président du Conseil puis Président de la République (1954-1959) et président du parti, il veut accélérer l'évolution du pays lors du Grand Bond en avant (1958) et de la Révolution culturelle (1966-1976), dont le programme est livré dans son « Petit Livre Rouge ». Malgré deux échecs très coûteux pour le pays, le prestige de Mao et l'influence politique de sa femme, Jiang Qing, sont tels que ce n'est qu'une fois mort qu'il sera publiquement critiqué.
Fondateur du Parti communiste et de l'Armée Rouge des ouvriers et des paysans, il a établi le chemin de l'environnement des villes de la campagne développant la Guerre du Peuple comme la théorie militaire du prolétariat. Il était le théoricien de Nouvelle Démocratie et le fondateur de la République du Peuple, le promoteur du Grand bond en avant et du développement du socialisme, le leader de la lutte contre le « révolutionnisme » contemporain de Khrouchtchev et de ses « acolytes », leader et chef de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne. Cet ensemble constitue les points de repère d'une vie entièrement consacrée à la révolution.

Sun Yat-Sen, Père fondateur de la République de la Chine
Source: Publier: Mis à jour le :2006-12-11
Le docteur Sun Yat-Sen, aussi connu sous les noms de Sun Chung-shan ou Sun Wen, est né en 1866 dans la province de Guangdong. Après ses classes primaires en Chine, il poursuit des études de médecine à Hawaii puis à Hong Kong.
Voyant la faiblesse de la cour Manchu impériale et l?invasion de la Chine par des pouvoirs étrangers, Sun a renoncé à sa carrière de médecin pour se lancer dans la politique. En 1894, avec un groupe de jeunes gens chinois d'outre-mer, il crée sa première organisation révolutionnaire, le Hsing-chung Hui ( Société pour la Renaissance de la Chine), à Honolulu, capitale des îles Hawaii.

Durant les seize années suivantes, avec ses sympathisants, il provoque en vain dix tentatives de renversement de la cour Manchu impériale corrompue. Finalement, le 10 octobre 1911, ses forces révolutionnaires réussissent à conquérir Wu Han, la capitale de la Province de Hubei. Ensuite, d'autres provinces rejoignent le camp révolutionnaire et il déclare la création de la République. Le 29 décembre 1911 il est élu président temporaire de la Nouvelle République par les délégués de 16 des 17 provinces réunis à Nanjing.
Pour préserver l'unité nationale, il cède la présidence le 1er avril 1912 à Yuan Shikai, un seigneur de guerre très influent. Ce dernier se proclame empereur en 1915. Les leaders de la révolution doivent se réfugier au Japon jusqu?à la mort de Yuan ShiKai en 1916. En 1917, l'Assemblée Temporaire a élu Sun pour diriger le Gouvernement Militaire chinois, basé dans Guangzhou. En 1921, Sun est de nouveau élu Président du gouvernement nouvellement formé à Guangzhou. Il consacre le reste de sa vie à régler les querelles des différentes factions de la Chine.
Docteur Sun a nié l'inévitabilité du communisme en Chine. Il pense que la lutte des classes, un élément intrinsèque du communisme, n?est pas indispensable pour le progrès humain. Il a réitéré ce point de vue dans une déclaration commune publiée avec le représentant soviétique Adolf Joffe, en 1923, et a déclaré que le système communiste n'était pas approprié pour la Chine. Il a aussi cru que la coopération plutôt que la lutte des classes était la force de motivation pour le développement social.
Sun est mort de maladie le 12 mars 1925, à l'âge de 59 ans à Beijing. Dans son testament, il laisse la fameuse phrase : « La révolution n?est pas terminée. Les camarades doivent encore faire des efforts (pour l?achever). »
En 1940, il est déclaré, à titre posthume, comme Père Fondateur de la République de la Chine pour ses contributions perpétuelles à la révolution.

Qian Long (1735 ? 1794)
Source: Publier: Mis à jour le :2006-12-11
Qian Long est le quatrième fils de l'empereur Yong Zheng et petit fils de Kang Xi. Très jeune, son père l'a choisi officiellement comme son successeur. Il monte sur le trône à l'âge de 24 ans.
Il a beaucoup oeuvré pour la politique étrangère. Durant son règne, le territoire de la Chine atteint ses limites les plus étendues. L'empire Qing comprend alors la Corée, la Mongolie et tout le territoire de la Chine actuelle. Plusieurs pays limitrophes tels que la Birmanie et le Vietnam reconnaissent la suzeraineté de la dynastie Qing.
Le règne de Qian Long est aussi une période de grand développement économique.

En s'appuyant sur des bases solides léguées par son père et son grand père, Qian Long développe et diversifie l'économie et l'agriculture avec un grand succès.
Défenseur de l'art et de la culture, Qian Long contribue largement à l'avènement de l'âge d'or culturel, avec l'émergence de nouveaux styles d'arts et de peintures. L'empereur adore se déguiser en civil et effectuer des voyages dans les régions romantiques de Suzhou et Hangzhou. Son jeu favori est se mêler aux poètes locales, discuter avec eux poésie et calligraphie puis laisser derrière lui des poèmes comme indices de son récent passage.
Qian Long règne pendant 60 ans sur un pays prospère. A la fin de son règne, la population chinoise atteint 300 millions de personnes. Après un siècle de prospérité quasi continue sous les règnes successives des 3 empereurs Kang Xi, Yong Zheng et Qian Long, la Chine semble être le pays le plus puissant du monde à cette époque. Elle produit tout ce qu'elle a besoin et exporte ses produits vers de nombreux pays : le thé vers la Russie, la soie vers le Japon, la laque et la porcelaine vers l'Europe.
Mais la surpopulation et la corruption qui se généralise vont amorcer le déclin de la dynastie Qing.

Kang Xi (1662 - 1722)
Source: Publier: Mis à jour le :2006-12-11
Kang Xi est le troisième empereur de la dynastie Qing. Monté sur le trône à l?âge de 8 ans suite à l?abdication de son père, il est en principe aidé par quatre régents. Mais ces derniers en profitent pour étendre leur influence à la cour.
Quand Kang Xi atteint l?âge d?adulte, il tente de reprendre les rennes du pouvoir. Les régents montent alors un complot pour le renverser. Kang Xi, aidé par sa grande mère, réussit à déjouer le piège et éliminer les régents infidèles.
Mais les ennuis du jeune empereur ne fait que commencer. Il doit bientôt affronter à ?la révolte des trois feudataires?. Les feudataires sont des généraux rebelles de la dynastie Ming qui ont contribué à la création de la dynastie Qing. Le plus célèbre d?entre eux est Wu San Gui. Ils possèdent le titre de ?roi? et jouissent une quasi automonie dans leur fief. Leur révolte menace la survie de la dynastie. Après sept ans de batailles acharnées, il réussit à mater la révolte. Les généraux rebelles sont capturés et exécutés.

Ensuite il entreprend la conquête de l?île de Taïwan tenu par des partisans fidèles à la dynastie Ming. L?armée mandchou, composée de fantassins et de cavalerie, n?est pas habituée aux batailles navales. Kang Xi doit consentir de gros efforts pour construire une vraie marine avant de conquérir l?île de Taïwan en 1683.
Quand le front du Sud fut apaisé, Kang Xi dirige personnellement deux expéditions pour combattre les mongols, qui constituent toujours une menace pour la partie Nord de son empire. La défaite des mongols créera les bases d?une paix durable.
Le Tsar Pierre le Grand veut profiter des troubles pour étendre son empire. Il envoie les cavaleries cosaques aux frontières sino-russe dans le but de conquérir la Mongolie. Mais l?armée des Qing défend farouchement les terrains conquis. Leur victoire sur les troupes du Tsar et le traité qui s?en suit rattache pour longtemps la Mongolie à la Chine.
Après trente ans de conquête, Kang Xi a consolidé les bases de la dynastie Qing et règne en maître absolu sur un empire qui est plus étendu que la Chine d?aujourd?hui.
Mais Kang Xi n?est pas qu?un conquérant, il est aussi un bon gestionnaire. Eduqué dans la pure tradition confucéenne, il est toujours soucieux du bonheur de son peuple. Intelligent et stratège, il a toujours su s?entourer des hommes de qualité. Sa cour est une composition subtile de hauts fonctionnaires Mandchoue (ethnie dont il est originaire) et de chinois Han. L?empereur se déguise souvent en civil et se promène dans sa capitale Beijing pour connaître l'opinion de son peuple. Beijing devient une cité prospère avec des ruelles animées et une commerce florissante.
Kang Xi est aussi un fin lettré, poète et peintre. Le dictionnaire Kang Xi qu?il fait créer recence et classifie plus de 40000 caractères chinois. Cet ouvrage est toujours une référence pour les linguistes chinois.
Kang Xi est l?un des plus grand empereurs qu?ait connu la Chine. Il a régné 61 ans et a créé les conditions pour cent ans de prospérité.
Kang Xi est contemporain de Louis XIV.Tang Xuan Zong (685 - 762) et Yang Gui Fei
Source: Publier: Mis à jour le :2006-12-11
Xuan Zong est l'empereur chinois qui a connu le règne le plus contrasté (712-757). Ce souverain a passé la moitié de son règne à mener son pays à l'apogée, et l?autre moitié au chaos. Les historiens retiennent aussi qu?il a épousé Yang Gui Fei, l?une des plus jolies femmes de la Chine ancienne et qu'elle est en partie à l?origine de la décadence de la dynastie.
Quand Xuan Zong accède au trône (en 712), les membres de la famille royale se livrent à des des luttes de pouvoir sans merci. En grand stratagème , Xuan Zong élimine un à un ses adversaires pour consolider son pouvoir. Cette situation instable l?oblige à gouverner avec beaucoup de prudence et de rigueur. Il s?entoure de très bons premiers ministres, pratique des impôts bas et encourage l?agriculture. Progressivement, le pays devient prospère et la dynastie Tang connaît alors sa deuxième période la plus faste (la première étant sous le règne de Tai Zong). Aussi, cette prospérité a favorisé le développement de la culture et de la littérature. C'est à cette époque que vivent les plus grands poètes chinois tels que Li Bai et Du Fu et que furent écrits la plupart des 300 poèmes de la dynastie des Tang.
Arrivé à la cinquantaine, Xuan Zong pense que sa tâche de souverain est accomplie. Il s'intéresse désormais davantage à son plaisir personnel qu'à la gestion du pays. C?est à cette époque qu'il rencontre la demoiselle Yang.

Agée d?une vingtaine d?année, la demoiselle Yang est connue pour sa beauté et son éclat exceptionnels. Excellente dans les domaines artistiques tels le chant et la danse, elle séduit Xuan Zong qui tombe très vite amoureux d'elle. Il décide de l?élever au rang de Gui Fei (favorite). Le couple royal vit alors dans le luxe et le raffinement. Les jeux et les fêtes sont organisés quotidiennement au palais. Yang Gui Fei est réputée aussi pour ses bains et ses coiffures en pivoine. Elle n?a jamais cherché à s?emparer du pouvoir, mes ses désirs sont vite transformés en ordres par son mari empereur.
Sous son influence , son cousin devient premier ministre. Mais ce dernier est un piètre gestionnaire et ne pense qu'à ses intérêts personnels. Son conflit avec le général An Lou Shan, gouverneur de trois provinces frontaliers, pousse ce dernier à la révolte. Les troupes du général traversent la moitié du pays pour prendre l?assaut de la capitale Chang An en causant des terribles ravages partout où ils passent.
Menacé, l'empereur prend la fuite avec Yang Gui Fei et toute la cour. Sur la route de l'exil, la garde impériale exécute le premier ministre Yang, le tenant pour responsable du désastre et contraint la favorite Yang Gui Fei à se suicider.
Les troupes d?An Lou Shan envahissent la capitale Chang An, mais cette révolte sera écrasée par le fils de Xuan Zong. Une fois la paix retrouvée, Xuan Zong abdique en sa faveur de son fils. Il passe le reste de sa vie dans la tristesse et meurt en 762.
Du point de vue des historiens, la révolte d'An Lou Shan affaiblit terriblement la pays et marque le début du déclin de la dynastie Tang. Xuan Zong apparaît comme le plus grand responsable de cette décadence. Cet épisode soulignera aussi la réputation de Yang Gui Fei qui restera celle dont la beauté a le pouvoir suprême de renverser un pays.

Wu Ze Tian (624 - 705)
Source: Publier: Mis à jour le :2006-12-11
Wu Ze Tian est l'impératrice du deuxième empereur des Tang. Fille d'un haut fonctionnaire, elle est instruite, intelligente et ambitieuse. Durant les dernières années de règne de son mari, alors gravement malade, elle prend une influence de plus en plus grande et finit par l'évincer pratiquement du pouvoir et à se poser en égale de l'Empereur. En 680, elle écarte l'héritier légitime et lui substitue l'un de ses fils. Après la mort de son mari, elle détrône ce fils pour le remplacer par un frère âgé de 22 ans, qu'elle destitue à son tour, pour enfin s'introniser elle-même " Empereur " en tentant de fonder une nouvelle dynastie (en 690).
Mais ses opposants sont nombreux. Obstinée, habile à gouverner, elle s'appuie notam-ment sur une police secrète qui terrorise la famille impériale et la noblesse pour mieux s'imposer. Malgré ses méthodes pour le moins radicales, un certain nombre d'historiens lui rendent hommage pour ses quinze années de règne en tant qu'empereur.
Wu Ze Tian meurt à l'âge de 81 ans et reste l'unique 'empereur femme' de toute l'histoire de la Chine.

Tang Tai Zong (598 - 649)
Source: Publier: Mis à jour le :2006-12-11
A l'âge de 16 ans, Tang Tai Zong incite son père, alors gouverneur de province, à renverser la dynastie Sui. De plus, il n'hésite pas à éliminer ses frères, les considérant uniquement en tant que rivaux pour l'accès au pouvoir suprême. A tel point, qu'il finit par obliger son père à lui céder le trône. Ainsi, Tai Zong devient, de fait, le fondateur de la dynastie Tang.
Véritable génie de la politique, il utilise tous les moyens pour développer son empire.
Son armée ayant battu à plusieurs reprises les Turco-Mongols, ces derniers le reconnaissent comme leur 'roi céleste'. Ils l'acceptent d'autant plus facilement que Tai Zong possède lui même du sang turc. Les petits états qui peuplent l'Ouest de la Chine de cette époque se rangent progressivement sous la domination des Tang. Dans cette même logique, Tai Zong marie une de ses filles au souverain du Tibet pour sceller une alliance durable avec cet état. Par la suite, La Corée et L'Annam (Vietnam) acceptent également la protection des Tang. Tai Zong règne alors sur un immense empire multi-ethniques.
En politique intérieure, il met en place un gouver- nement composé de six ministères et conçoit un système agraire proche de la perfection. L'ensemble de ces réformes constituant des bases solides pour asseoir durablement une dynastie.

Possédant un sens aigu du commandement, Tai Zong s'entoure d'hommes compétents et efficaces. Sûr de lui, il ne refuse jamais d'intégrer des cultures étrangères. Le bouddhisme venu de l'Inde, connaît sous son règne un développement important. Dans le même état d'esprit, il accepte également le lamaïsme et le christianisme. Vingt trois années de règne lui auront permis d'élever son empire à l'un des des sommets de l'histoire de la Chine.

Qin Shi Huang Di
Source: Publier: Mis à jour le :2006-12-11
Qin Shi Huang Di est le premier empereur qui a unifié toute la Chine et qui a créé un modèle de gouvernement qui sera perpétué pendant deux millénaires.
Au début, il n'était que le seigneur de l'état Qin, un des sept royaumes combattants qui partagent le territoire de la Chine à cette époque.
Après avoir éliminé un à un tous ses adversaires, il se proclame Shi Huang Di (premier empereur). C'est la première fois que la Chine est unifiée et placée sous l'autorité d'un seul homme. Le pays est divisé en 36 provinces, subdivisées en communes. Tous les hauts fonctionnaires et gouverneurs de provinces sont nommés par l'empereur.

Une fois le pouvoir bien en main, Shi Huang Di prend une série de mesures importantes :
? Uniformisation de la monnaie, des mesures de longueur, de poids et de volume. Cette mesure va favoriser les échanges commerciaux sur tout le territoire.
? Réunification de tous les tronçons de murailles existants depuis la périodes des Royaumes Combattants pour former la Grande Muraille, afin de se protéger des invasions des Xiongnu, peuples barbares venus du Nord.
? Construction d'un palais impérial somptueux
? Construction du mausolée de l'empereur protégée par une armée de terre cuite
Shi Huang Di fait appel massivement aux travaux forcés pour accomplir ces monuments pharaoniques. La loi de la dynastie Qin est ultra-répressive. Aucune protestation n'est tolérée. Les exécutions sommaires sont monnaies courantes. Soupçonnant les intellectuels de critiquer sa politique, l'empereur ordonne de les enterrer vivants et de brûler tous les oeuvres littéraires. De nombreux ouvrages confucéens originels seront irrémédiablement perdus lors de cet évènement.
Pendant les dernières années de Shi Huang Di, les révoltes paysannes se soulèvent un peu partout dans le pays.Il mourra à l'âge de 50 ans lors d'une tournée d'inspection dans les provinces. Son fils, encore plus sanguinaire que lui et incapable sera renversé par les paysans. La dynastie fondée par le premier empereur n'aura duré que 15 années.

Kong Zi (Confucius)
Source: Publier: Mis à jour le :2006-12-11
Philosophe chinois, fondateur du confucianisme, Confucius est l'un des plus influents penseurs de l'histoire de la Chine. Il représente non seulement une grande figure dans l'histoire de la culture chinoise mais sa réflexion de l?homme sur l?homme transmise a marqué le destin de toute la civilisation chinoise.
Transmise depuis deux millénaires d?années, cette conception éthique de l?homme lui offre ainsi cette notoriété et stature si exceptionnelles. Confucius marque en Chine la grande percée philosophique.
Origines
Né dans l'Etat de Lu (actuelle province côtière du Shandong actuel), Confucius reçoit une éducation raffinée, nourrie des traditions culturelles instaurées par la dynastie Zhou. Ce nom de Confucius provient de la latinisation de l?appellation chinoise Kongfuzi (Maître Kong) opérée par des jésuites missionnaires dès le 16è siècle.

Issu d'ascendance aristocratique, Confucius représente une catégorie sociale montante des shi, intermédiaire entre celle de la noblesse guerrière et celle du peuple paysan. Cette catégorie dont la singularité des représentants se caractérise par des compétences dans divers domaines et particulièrement dans celui de la culture formera par la suite les lettrés-fonctionnaires de la Chine impériale.
Marié à l'âge de 24 ans, il a un fils et deux filles. A la mort de sa mère, il voyage et dispense son enseignement au cercle de disciples qui l'accompagne. Il acquiert très rapidement une réputation d'homme de fort caractère et de grande érudition, très respectueux des traditions.
La légende
La légende évoque que vers l?âge de 50 ans, Confucius, pour marquer son désaccord avec le gouvernement de son souverain quitte son pays et « se jette sur les routes » pour transmettre ses idéaux et conseils pendant une douzaine d?années. Il renonce ainsi à la carrière politique dont il déplore un système fait de compromissions avec des souverains ayant perdu le sens du mandat céleste. Il se sent investi d?une mission du Ciel. Cependant, son périple s?achève non seulement par un échec mais aussi par la tragique disparition de son plus jeune et brillant disciple. A plus de 60 ans, il revient dans son pays natal ; son espoir de transformer le monde s?est évanoui mais dans ce tragique échec, il décide de consacrer les dernières années de son existence à enseigner à ses disciples.
Confucius est connu de ses contemporains comme « celui qui s?obstine à vouloir sauver le monde, tout en sachant que c?est peine perdue ».
Sa pensée
Trois thèmes de sa pensée philosophique apparaissent fondamentaux : l?apprendre (xue), la qualité humaine (ren) et l?esprit rituel. Il pense que l'éducation est essentielle pour que l'homme devienne un être parfait. Il s?agit d?apprendre pour l?homme de devenir plus humain, à aimer les autres.

Yang Guifei
Source: Publier: Mis à jour le :2006-12-11
D'une beauté exceptionnelle, à 21 ans, Madame Yang est élevée au rang de 'Gui Fei' (favorite) par l'empereur Xuan Zong. Le couple impérial vit alors dans le luxe et le raffinement. Yang Gui Fei est célèbre pour ses bains, ses coiffures en pivoine et son talent pour le chant et la poésie.
Par despotisme, le cousin de Yang Gui Fei devient chancelier. Il se méfie d'An Lou Shan, un général aux brillants états d'arme, anciennement basé à un poste frontière, puis nommé par l'empereur comme Gouverneur des Trois Provinces. Pressentant le danger, An Lou Shan monte une révolte sous le prétexte de 'faire le ménage autour de l'empereur'. Ses troupes traversent la moitié de la Chine pour atteindre Chang'An, causant de terribles ravages sur leur passage.
Menacé, l'empereur prend la fuite avec Yang Gui Fei et toute la cour. Dans ces circonstances exceptionnelles, la Garde impériale exécute le cousin de Yang, le tenant pour responsable du désastre actuel. Elle contraint également l'empereur à supprimer Yang Gui Fei. Poussée à bout, elle se pend.

An Lou Shan envahit la capitale mais sa révolte sera écrasée dans le sang. Historiquement, cette répression marque le début du déclin de la dynastie Tang.
L'empereur Zhong Zong reste inconsolable après la mort de sa favorite. La situation rétablie dans le pays, il cède aussitôt le trône à son fils pour finir ses jours dans un monastère.
Yang Gui Fei est considérée par les historiens comme l'une des quatre plus belles femmes de la Chine Ancienne. Profil parfait de la 'femme fatale', Yang Gui Fei en a suivi le sombre destin : ravages dans son entourage et fin tragique de sa propre vie.

Chang'An sous la dynastie Tang
Source: Publier: Mis à jour le :2006-12-11
Chang'An a été reconstruite sous les dynasties Sui et Tang avec méthode et ambition.
Cette ville, huit fois plus étendue que la ville de Xi'an actuelle, devient la plus grande ville du monde à cette époque. Elle possède de larges avenues, des temples, des palais, une université et une architecture remarquable.
C'est une ville prospère et cosmopolite où se côtoient des commerçants Perses et Mongols, des ambassadeurs de nombreux pays, des danseuses et des hommes de cirque. Son université accueille des étudiants venant de la Syrie, du Japon, de la Corée et de l'Annam. Dans les rues se croisent des caravanes de chameaux arrivant de la Route de la soie. Les femmes portent de larges vêtements en soie multicolore et des coiffes élégantes. La ville fascine autant les étrangers de passage que les résidents.
Les Japonais comptent parmi les plus fervents admirateurs du style Tang. Ils ont d'ailleurs construit les villes de Nara et de Kyoto sur le modèle de Chang'An. De même ils importent au Japon le style de décoration intérieure, les jeux de go et les coiffes des femmes.
Les temples et les palais de l'époque Tang ont été détruits depuis longtemps par les guerres. Cependant, il existe encore suffisamment de monuments d'époque dans la ville de Xi'an pour qu'elle maintienne son statut de plus grand centre touristique de l'Ouest de la Chine.

Han Wu Di
Source: Publier: Mis à jour le :2006-12-11

Wu Di ()est le cinquième empereur des Han. Monté sur le trône à l'âge de 18 ans il rêve d'un grand empire. Il mène personnellement les premières conquêtes des pays voisins. Puis, pendant trente ans, il envoie son armée aux quatre coins de l'empire pour repousser ses frontières toujours plus loin.
A son apogée, son empire s'étend du nord au sud de la Grande Muraille jusqu'à la province de Fujian actuelle et de l'est à l'ouest de la mer de Chine jusqu'au bord du Bassin Tarim (actuellement région autonome de Xinjiang-Uyghur).

Afin d'étendre l'influence de son empire sur les pays les plus éloignés tout en économisant ses ressources militaires, Wu Di développe un système diplomatique unique en son temps. Il autorise ces pays à garder leur autonomie à condition qu'ils reconnaissent la supériorité de l'empire Han et qu'ils acceptent une sorte de "pacte de non- agression mutuelle". L'alliance est alors matérialisée par des échanges d'ambassadeurs, des offrandes annuelles à l'empereur et quelques mariages princiers inter-ethniques.
Le règne de Wu Di s'étend sur 54 ans.

La période préhistorique (environ 2900 - 2100 av. J.C.)
Source: Publier: Mis à jour le :2006-12-11
D'après les textes anciens, des tribus, ancêtres du peuple chinois, vivent sur les rives du Fleuve Jaune vers 2900 av. J.C.. Les historiens anciens prétendent qu'il existe à cette époque successivement trois souverains et cinq empereurs. Ces souverains sont des personnages mythiques et légendaires. Leurs règnes semblent invraisemblablement longs.
Les premiers souverains s'appellent Yen Ti et Huang Ti (Empereur jaune). Yen Ti enseigne au peuple l'agriculture et la médecine. Huang Ti est un chef de tribu conquérant. Après avoir chassé les barbares qui menace son peuple, il conclut une alliance avec Yen Ti pour que leurs tribus puissent vivre en paix. Le développement de ces deux tribus donne naissance au peuple chinois actuel. C'est pourquoi les Chinois s'appellent "les fils et petits-fils de Yen-Huang".

Huang Ti Yen Ti
D'après la mythologie, Huang Ti est monté au ciel sur le dos d'un dragon jaune après avoir accompli son oeuvre sur terre.
Après la période de Yen Ti et Huang Ti, il existe toujours une alliance entre les différentes tribus. Les souverains successifs sont, de fait, les chefs de cette alliance. Le chef de l'alliance est élu par le conseil formé par les chefs de toutes les tribus. Yu est le dernier souverain de cette époque.

Liu Bang, empereur Gaozu de la dynastie des Han
Source: Publier: Mis à jour le :2006-08-07
Liu Bang est le fondateur de la dynastie des Han (220-206 av J.-C.). Il est aussi l'un des deux seuls empereurs de basse condition. Liu Bang est en effet né dans une famille de paysans. Pendant la dynastie des Qin, il était un petit fonctionnaire local. Magnanime et tolérant, il ne maîtrisait toutefois pas les techniques agricoles.
Plus tard, il a été obligé de se cacher dans les montagnes Mang et Tang parce qu'il avait libéré des criminels. En 209 av J.-C., Liu Bang a dirigé une révolte paysanne dans sa région, pour saluer la Grande Révolte de Chengshen et Wuguang. L'armée de Liu Bang a grandi lors de la lutte contre le règne de l'empereur des Qin. Plus tard, Liu Bang et son armée ont pénétré à Xianyang, la capitale des Qin. Ainsi s'est achevé le règne de la dynastie des Qin basée sur des lois extrêmement strictes.
Durant les quatre années suivantes, l'armée de Liu Bang a combattu celle de Xiang Yu, un autre leader qui s'était également affronté à l'armée de Qin. En 202 av J.-C., Liu Bang et sa troupe de 300.000 soldats ont encerclé l'armée de Xiang Yu. Le suicide de ce dernier a marqué le succès de Liu Bang, qui s'est alors proclamé empereur de la dynastie des Han dans le Shangdong.
Liu Bang savait bien utiliser les capacités de ses alliés et des gens en général. Pendant la lutte contre le règne des Qin, un petit nombre d'officiers de l'armée de Liu Bang ont ainsi quitté leur maître pour rejoindre l'armée de leur ennemi. Han Xin était à ce moment-là un officier du grade inférieur. Il a essayé de s'enfuir. Mais le général Xiao He l'a rattrapé et l'a recommandé à Liu Bang. Liu Bang a suivi le conseil du général Xiao He. Et ensuite, Han Xin a accompli d'importants faits d'armes.
La Banquet de Hongmen est la scène la plus marquante du combat entre Liu Bang et Xiong Yu : à cette époque, l'armée de Xiang Yu est plus puissante que celle de Liu Bang. Xiang Yu avait en tête de supprimer Liu Bang pour monter seul sur le trône laissé vacant par l'empereur des Qin. Après avoir appris l'intention de Xiang Yu, Liu Bang et son conseiller sont venus à Hongmen où se trouvait le camp de Xiang Yu pour demander pardon. Fan Zeng, le conseiller de Xiang Yu, a alors demandé plusieurs fois à son maître de tuer Liu Bang. Durant le banquet, Xiang Zhuang, général de l'armée de Xiang Yu, a présenté une danse d'épée et fait preuve de gestes manifestement agressifs à l'encontre de Liu Bang. Voyant cela, Zhang Liang a demandé à Fang Kuai de protéger leur maître. Quelques instants plus tard, sous le prétexte d'aller aux toilettes, Liu Bang s'est enfui avec Fang Kuai. Et Zhang Liang a présenté seul le cadeau de son maître, annonçant finalement que son maître est déjà parti. Après la fuite, Liu Bang a réuni toutes ses forces armées pour triompher de Xiang Yu et il a pu fonder la dynastie des Han.
Après l'instauration de cette nouvelle dynastie, Liu Bang a adopté une série de mesures favorables au rétablissement de l'ordre et de la production agricole. Comme la population nationale avait gravement diminué après la longue période de guerre, Liu Bang a grâcié tous les criminels du pays et libéré tous les esclaves pour étoffer les rangs de l'armée de reconstruction du pays. Il a aussi allégé les impôts.
Pour renforcer le pouvoir central, il a créé neuf principautés ayant les personnes de sa famille comme chef. Il a déplacé du nord-est vers le centre les grandes familles.
Pendant sa jeunesse, Liu Bang ne cachait pas son mépris pour les intellectuels. Quand il a conquis le pays avec son armée, il est resté fidèle à cette opinion. Mais en écoutant Lu Jia, grand fonctionnaire de sa cour, lui demander si un pays doté seulement d'une armée et de chevaux de combat pouvait devenir prospère, Liu Bang a compris sa faute. Il en a tiré une leçon et ordonné à Lu Jia de rédiger un livre qui résumait les raisons pour lesquelles l'empereur Qin avait perdu le pouvoir. En l'an 12 du règne Gaozu des Han, Liu Bang a été blessé par des flèches lors d'un combat avec l'armée de révolte de Yingbu. Et il est décédé cette même année.

 

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Lei Liang Peinture à l'Huile Chinoise à Beijing (Pékin), Chine Copyright © 2008 Tous droits réservés, www.LeiLiang.com